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vendredi 11 janvier 2019

Psaumes de Salomon

Saint Roi Salomon

Psaumes de Salomon Dictionnaire Biblique Westphal



Collection de 18 psaumes écrits en grec, primitivement peut-être en hébreu. Sous le rapport de la forme, et en partie aussi par les sujets qu’ils traitent, ils rappellent nos psaumes bibliques. Le Canon de l’AncienTestament (voir article) étant clos quand parurent ces nouveaux psaumes, on ne pouvait les attribuer à David. On choisit donc comme nom d’auteur son successeur, le roi Salomon, dont la réputation de grand écrivain, de sage et de serviteur de Yahvé était établie par l’histoire sacrée et par une série de livres qui avaient trouvé place dans le Canon grâce au nom de ce roi inscrit à la première page. La coutume de la pseudépigraphie générale, dans les siècles antérieurs et postérieurs à la naissance du christianisme, a permis d’user plus tard encore du nom de Salomon. C’est sous son égide que parut un autre groupe de chants découverts depuis peu : les Odes de Salomon (voir Pseudépigraphes). Dans certaines listes de livres canoniques on a rapproché les Odes et les Psaumes de Salomon et on les a placés à la fin du Nouveau Testament : l’Alexandrinus nomme les Psaumes après les Clémentines ; les LXX les ont insérés entre la Sapience et le Siracide. Les Psaumes eux-mêmes ne renferment pas une ligne ayant quelque rapport avec le Salomon de l’histoire.


Les sujets traités dans ces chants varient comme c’est aussi le cas dans les psaumes du Canon. À côté des cantiques de bénédiction, il en est d’autres qui respirent la haine et la vengeance (Psaume de Salomon 4). Les lamentations alternent avec les actions de grâces. Parfois, comme au Psaume de Salomon 8, l’auteur fait le récit des malheurs qui frappent Jérusalem et les explique comme un juste châtiment de Dieu. Dans une partie des psaumes c’est une seule personne qui parle au singulier ; dans d’autres l’emploi du pluriel montre qu’il s’agit d’une collectivité, d’où l’on a conclu que ces chants servaient aussi au culte synagogal.


Les idées eschatologiques ne sont pas absentes de notre livre, bien qu’elles y soient moins dominantes que dans les apocalypses proprement dites. L’attente messianique est au premier plan dans les Psaume de Salomon 17 et Psaume de Salomon 18. Le Messie attendu est le roi, fils de David, qui régnera sur un peuple délivré de tous ses ennemis. C’est sur le terrain politique et national que se déroule toute l’espérance du psalmiste, et il est remarquable qu’à l’opposé des autres documents du judaïsme préchrétien, qui ignorent le Messie davidique ou n’en font que peu de cas, il revit ici grâce à l’action d’une épouvantable catastrophe nationale sur la piété du psalmiste. Le coloris transcendant de l’eschatologie, qui est la caractéristique des œuvres apocalyptiques, manque totalement dans les Psaumes, si l’on fait abstraction des passages relatifs à la résurrection. C’est pourquoi il ne faudrait point les ranger parmi les Apocalypses, avec lesquelles ils n’ont de commun que la pseudépigraphie.


À la différence de la plupart des pseudépigraphes de l’Ancien Testament, dont la rédaction ne saurait être datée qu’approximativement, on peut dater les Psaumes de Salomon, du moins plusieurs d’entre eux (Psaume de Salomon 8, 17), d’une façon très précise. En effet, quelques événements bien connus dans l’histoire de Rome y sont mentionnés : l’arrivée du général romain Pompée aux portes de Jérusalem, le siège et l’occupation de la ville et de son sanctuaire (63 avant Jésus-Christ). Le Psaume de Salomon 2 connaît les circonstances spéciales qui ont accompagné la mort du triumvir romain (an 48). L’auteur fut donc de la génération qui précéda immédiatement la naissance de Jésus. La position qu’il occupa au sein de la vie politique juive est déterminée par ce fait qu’il se rattachait au parti des pharisiens. Son cœur saigne de l’abaissement de sa patrie. Il se tourne avec animosité et aigreur contre ceux qui ont favorisé l’invasion étrangère, tout d’abord contre les Hasmonéens, les instruments de Rome, et aussi contre ses compatriotes renégats qui, ayant abandonné leur Dieu, sont devenus les esclaves des hommes. Il prône le retour à l’obéissance de la Loi. Elle est la norme qui sépare la nation juive en deux camps : les justes et les impies. Aux premiers seuls est promise la résurrection (Psaume de Salomon 3.13 ; Psaume de Salomon 3.16). Les impies sont voués à la perdition éternelle. L’idéal de la parfaite soumission à la Loi c’est le Messie, sans péché lui-même, qui le réalisera dans son royaume. Tous les impurs en seront exclus (Psaume de Salomon 17). L’ouvrage permet de se faire une idée exacte de la piété pharisaïque, telle qu’elle s’était développée quand Jésus parut. L’antagonisme entre lui et les pharisiens, dont les Évangiles révèlent le caractère tragique, en fut la conséquence fatale. La polémique de l’apôtre Paul contre la justice légale s’éclaire d’une lumière nouvelle quand, à l’encontre des déclarations de ses épîtres, notre psalmiste dit textuellement Psaume de Salomon 14.2 et suivants) que Dieu donna la Loi pour nous faire vivre, que les Saints du Seigneur auront en elle la vie éternelle ». G. B.

jeudi 10 janvier 2019

Saint Jean Chrysostome: commentaire du psaume 150


Que tous les membres de notre corps louent Dieu et forment un concert en son honneur.

Ces paroles s'appliquent, soit au peuple, soit à la vie sainte, et aux saints. Or voyez comme ici encore, pour terminer son livre des psaumes, le Psalmiste parle de l'action de grâces, nous montrant, par là, que tel doit être le commencement, et telle doit être la fin de nos actions et de nos paroles. Aussi saint Paul disait: « Quoi que vous fassiez , ou en paroles ou en actions , faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par Lui, à Dieu le Père.» (Col. III, 17. ) C'est ainsi que commence notre prière. 

En effet, dire, «Notre Père, » c'est rendre grâces pour les dons que l'on a reçus, et pour les indiquer, il suffit de prononcer ce nom. Dire, « Notre Père, » c'est reconnaître l'adoption des enfants ; reconnaître l'adoption des enfants, c'est proclamer la justice, la sanctification, la rédemption , la rémission des péchés, tous les dons du Saint-Esprit. 

Il faut en effet, que tous ces bienfaits précèdent pour que nous jouissions de  l'adoption qui nous fait enfants de Dieu, pour que nous méritions d'appeler Dieu, notre Père. Mais il me semble que le Psalmiste insinue encore une autre pensée, quand il dit: « Dans Ses saints. » Cela veut dire par le moyen de Ses saints; donc rendez grâces à Dieu de ce qu'il a introduit parmi les hommes une telle forme de vie; de ce que, des hommes, il a fait des anges; aussi, après avoir dit. « Dans Ses saints , » le Psalmiste ajoute : « Louez-Le dans le firmament où il fait éclater Sa puissance, » montrant par ces paroles ce que j'ai déjà dit. 

Car les saints sont plus chers à Dieu que Son firmament. Car le ciel est fait pour l'homme , et non l'homme pour le ciel. Maintenant un autre texte, au lieu de, « Dans le firmament, » porte « Dans l'indestructibilité; » un autre: « Dans le firmament de sa puissance. » Or, le Psalmiste me paraît ici avoir encore une autre pensée, comme dans l'avant-dernier psaume. Là, en effet, il dit; « Louez-Le, vous tous qui êtes Ses anges. » (Ps. CXLVIII, 2.) Ici, « Louez-le, dans Son firmament, » c'est-à-dire, vous qui êtes dans Son firmament; le Psalmiste ne se lasse pas d'inviter les puissances supérieures à s'associer à l'élan de ses louanges. « Louez-le dans les effets de Son pouvoir (2) ; » un autre: « Par Ses puissances.» L'hébreu dit: « Begeburothau. » Voici la pensée: louez-le , à cause de tout ce qu'il a de puissance, à cause de Sa force, à cause de Ses miracles, à cause de Son pouvoir, qu'il manifeste par toutes les créatures; par celles qui vivent sur la terre, par celles qui vivent dans les cieux; par les oeuvres générales , par les oeuvres particulières : à chaque instant, et toujours. Louez-Le, « selon l'étendue de Sa grandeur. » 

Est-ce possible, et quelles louanges pourraient égaler Sa grandeur? Le Psalmiste ne dit pas, une louange qui égale; (311) mais, dit-il, selon que vous pouvez comprendre l'immensité de cette grandeur, vous devez la louer, dans la mesure de vos forces, autant qu'une louange , digne de Dieu , de cette incomparable grandeur, peut sortir de la bouche d'un homme. Nul en effet, ne peut dignement louer Dieu. 

Avez-vous compris la passion de cette âme sainte? avez-vous compris le feu qui la brûle, qui la tourmente, qui l'excite, qui lutte pour surmonter la naturelle faiblesse ; pour s'élancer de la terre au ciel; l'ardeur de l'âme attachée à Dieu, qu'un désir brûlant jette dans le sein de Dieu? « Louez-Le, au son de la trompette ; » un autre texte: « Au son de la trompe. Louez-Le, avec le psaltérion et la harpe; » un autre: « Avec le nablum, (espèce de harpe) , et la lyre ; louez-Le avec le tambour, et dans les chœurs ; louez-Le avec le luth et avec l'orgue; » un autre texte: « Avec des cordes et avec la harpe ; «Louez-Le, avec des cymbales harmonieuses; « louez-Le avec des cymbales de jubilation. » Un autre: « Avec des cymbales de signification,. « Que toute souffle loue Le Seigneur. » Un autre texte: « Que toute respiration. » Il excite tous les instruments; il veut les entendre tous offrir à Dieu leur mélodie , il leur communique à tous la chaleur qui le brûle; il les réveille tous.

Eh bien donc ! de même qu'il ordonne aux Juifs de louer Dieu par tous les instruments, de même il nous prescrit, à nous , de Le louer par tous nos membres: par nos yeux, par notre langue, par nos oreilles et par nos mains; ce que saint Paul, de son côté, exprime ainsi: « Offrez vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu , pour Lui rendre un culte raisonnable. » (Rom. XII, 1.) 

La louange qui vient de l'oeil, ce sont des regards dont rien n'altère la pureté ; la louange de la langue, ce sont les psaumes ; la louange de l'oreille, c'est l'ignorance des chants impurs, des discours qui accusent le prochain; la louange que fait la pensée, c'est la simplicité qui ne connaît pas la ruse, et n'admet que la charité. Les pieds louent le Seigneur, lorsqu'ils ne courent pas au vice, mais aux bonnes oeuvres ; les mains louent le Seigneur, quand elles ne s'abandonnent ni au vol , ni aux rapines, ni aux coups, ni aux violences; quand elles s'emploient à l'aumône, à la défense des opprimés. L'homme devient alors une harpe harmonieuse d'une mélodie ravissante, spirituelle, qui s'élève à Dieu. Maintenant, ces instruments dont nous avons parlé, furent permis aux Juifs, à cause de la faiblesse de leur esprit; on voulait les maintenir dans la charité , dans la concorde, les exciter à faire avec ardeur ce qui leur procurerait le salut. Dieu voulait, en leur permettant les plaisirs de ce genre, les amener à des désirs plus élevés. 

Dieu comprenait combien ces Juifs étaient grossiers, lâches, déchus, et il voulait les réveiller , les consoler de l'assiduité qu'il leur demandait, par les douceurs de la mélodie. Et maintenant que veut dire, « Les cymbales de la signification? » Ce sont les psaumes. Et en effet, ils ne frappaient pas simplement les cymbales, ils ne jouaient pas simplement de la harpe, mais, autant que faire se pouvait, par les cymbales, par les trompettes, par la harpe, ils montraient le sens des psaumes, et le travail, et le zèle dont ils faisaient preuve dans ces exercices, leur était d'une grande utilité. « Que tout souffle « loue le Seigneur. » Après avoir invité au concert de louanges les créatures célestes; après avoir réveillé le zèle du peuple , excité tous les instruments, Il s'adresse à la nature entière, Il invite tous les âges à ce concert vieillards, hommes faits, jeunes gens, adolescents, femmes, et généralement, sans exception aucune, tous les habitants de la terre; Il jette déjà les premières semences du Nouveau Testament, en s'adressant à ceux qui sont répandus sur toute la surface de l'univers. 

Donc ne nous lassons pas de louer Dieu , de Lui rendre, pour toutes choses, des actions de grâces, et par nos paroles, et par nos actions. Voilà , en effet, notre sacrifice , notre oblation ; voilà le ministère par excellence, le digne emploi d'une vie réglée sur le modèle des anges. Et si nous persévérons ainsi à louer Dieu, nous passerons, sans aucune offense, la vie présente , et nous acquerrons les biens à venir. Puissions-nous tous nous les voir accordés , par la Grâce et par la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Qui appartiennent, comme au Père, comme au Saint-Esprit, la gloire, la puissance, l'honneur, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen!

Traduction adaptée 
de la version de M. Janin
Bar-Le-Duc 
1864


mercredi 9 janvier 2019

Saint Athanase sur les Psaumes


"Le livre des psaumes a une certaine grâce propre et réclame une attention toute spéciale. 

Outre ce qu'il possède de commun avec les autres ouvrages de la Bible, il a en propre de receler tous les mouvements de l'âme, ses changements et ses redressements, convenablement exprimés et montrés... 

A celui qui court après la vertu et veut savoir comment Notre Seigneur s'est conduit durant sa vie mortelle, ce livre divin rappelle en priorité ce que sont les mouvements de l'âme... 

Dans l'affliction, sa lecture apporte une grande consolation; dans la tentation et la persécution, on en tire une plus grande résistance et l'on est protégé par le Seigneur qui a protégé l'auteur du psaume... 

Dans le péché, on rentre en soi-même et l'on renonce; sans péché, on se trouve dans la joie parce qu'on tend vers les biens qui nous sont offerts. Dans la lutte, le chant des psaumes procure la force... 

Qu'ils soient aussi l'objet de ton occupation; lis-les avec sagesse et tu pourras, conduit par l'Esprit, comprendre le sens propre de chacun. Tu imiteras la vie des saints qui, portés par la vie de Dieu, ont écrit ces textes." 

(Lettre à Marcellin)