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mercredi 12 décembre 2018

Saint Augustin: Commentaire du Psaume 1


Saint Roi et Prophète David (Russie XVIIIe siècle)


1. « Bienheureux l’homme qui ne s’est point laissé aller au conseil des impies (Ps. I, 1 ) » Cette bénédiction doit s’appliquer à Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui est l’homme divin (Rétract. XIX). « Bienheureux l’homme qui ne s’est point laissé aller au conseil des impies », comme l’Adam terrestre, qui écouta sa femme séduite par le serpent, et méprisa le précepte du Seigneur (Gen. III, 6 ). « Et qui ne s’est pas arrêté dans la voie des pécheurs ». A la vérité, Jésus-Christ est venu dans la voie du péché, puisqu’il est né comme les pécheurs, mais il ne s’y est pas arrêté, car il ne s’est pas épris des attraits du monde. « Et ne s’est point assis dans la chaire de pestilence ». Car il ne voulut point avoir sur la terre un trône fastueux, et voilà ce qui est justement appelé trône pestilentiel; de même en effet que l’amour de la domination, que l’appétit de la vaine gloire se glisse dans presque toute âme humaine; de même la peste est cette maladie qui se répand au loin, attaquant tous les hommes ou à peu près. Une chaire de pestilence se dirait mieux néanmoins d’une doctrine perverse, dont l’enseignement est envahissant comme la gangrène (II Tim. II, 17 ). Voyons ensuite la gradation de ces termes : « S’en aller, s’arrêter, s’asseoir ». L’homme s’en est allé, quand il s’est retiré de Dieu; il s’est arrêté, quand il a pris plaisir au péché; il s’est assis, quand affermi dans son orgueil, il n’a pu retourner sans avoir pour libérateur celui qui ne s’est point laissé aller au conseil de l’impie, ne s’est point arrêté dans la voie des pécheurs, ni assis dans la chaire de pestilence.

2. « Mais qui s’est complu dans la loi du Seigneur, et qui méditera cette loi jour et nuit (Ps I, 2 )». La loi n’est pas établie pour le juste (I Tim. I, 9 ), a dit l’Apôtre. Mais être dans la loi n’est pas être sous la loi. Etre dans la loi, c’est l’accomplir; être sous la loi, c’est en recevoir l’impulsion. Dans le premier cas, c’est la liberté, dans le second, c’est l’esclavage. Autre encore est la loi écrite qui s’impose à l’esclave, et autre la loi que lit, dans son coeur,. celui qui n’a pas besoin de loi écrite. «Méditer la loi jour et nuit», signifie la méditer continuellement, ou bien « le jour » s’entendra de la joie, et « la nuit», de la tribulation; car il est dit: « Abraham vit mon jour et il en tressaillit de joie (Jean, VIII, 56 ) » ; et à propos de la tribulation, le Psalmiste a dit: « Bien avant dans la nuit, mon coeur a été dans l’angoisse (Ps. XV, 7 ).

3. « Il sera comme l’arbre planté près du courant des eaux », c’est-à-dire près de la Sagesse elle-même, qui a daigné s’unir à l’homme pour notre salut, afin que l’homme fût un arbre planté près du courant des eaux; car c’est ainsi qu’on peut entendre cette autre parole du Psalmiste : « Le fleuve de Dieu  (122) est rempli d’eau (Ps. LXIV, 10 ) ». On peut encore entendre par les eaux, l’Esprit-Saint, dont il est dit : « C’est lui qui vous baptisera dans l’Esprit-Saint (Matt. III, 11 ) » ; et cette autre : « Qu’il vienne, celui qui a soif, et qu’il boive (Jean, VII, 37 ) »; et encore « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te demande à boire, tu  lui en aurais u demandé toi-même, et il t’aurait donné cette eau vive qui étanche pour jamais la soif de celui qui en a bu; et qui devient en lui une source d’eau jaillissante jusqu’à la vie éternelle(Id. IV, 10-14 ) » . Ou bien, « près du courant des eaux »signifiera près des péchés des peuples; dans l’Apocalypse, en effet, les eaux désignent les peuples (Apoc. XVII, 15 ), et le courant se dirait de la chute qui est le propre du péché. Cet arbre donc, c’est Notre-Seigneur, qui prend les eaux courantes, ou les peuples pécheurs, et se les assimile par les racines de son enseignement; » il « donnera du fruit », c’est-à-dire établira des églises, « en son temps », quand il aura été glorifié en ressuscitant et en montant au ciel. Ayant alors envoyé l’Esprit-Saint aux Apôtres, qu’il confirma dans la confiance en lui-même, et dispersa parmi les peuples, il recueillit pour fruits les églises. « Et son feuillage ne tombera point », car sa parole ne sera point inutile : « Toute chair, en effet; n’est qu’une herbe, toute beauté de l’homme est comme la fleur des champs; l’herbe s’est fanée, la fleur est tombée, mais la parole de Dieu demeure éternellement(Isa. XI, 6-8 ) ». « Et tout ce qu’il  établira, sera dans la prospérité », c’est-à-dire tout ce que portera cet arbre; car cette généralité embrasse les fruits et les feuilles, ou les actes et les paroles.

4. « Il n’en est pas ainsi de l’impie, vaine poussière que le vent soulève de la surface  de la terre (Ps. I, 4 ) ». Terre se dit ici de la permanence qui est le propre de Dieu, et dont il est écrit : « Le Seigneur est la part de mon héritage, et cet héritage m’est glorieux (Id. XV, 7 ) ». Et ailleurs : « Attends le Seigneur, garde ses voies, et il t’élèvera jusqu’à te mettre en  possession de la terre (Id. XXXVI, 34 )» ; et encore : « Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu’ils posséderont la terre (Matt. V, 4 ) ». Voici, en effet, le point de comparaison: c’est que la terre invisible sera pour l’homme intérieur ce qu’est pour l’homme extérieur cette terre visible qui lui donne l’aliment et l’espace. C’est de la surface de cette terre invisible que le vent ou l’orgueil qui enfle (I Cor. VIII, 1 ), chassera l’impie. Mais celui qui s’enivre de l’abondance qui règne en la maison de Dieu, qui s’abreuve au torrent de ses voluptés, se prémunit contre l’orgueil et dit: « Loin de moi le pied de l’orgueilleux (Ps. XXXV, 9, 12». De cette terre encore l’orgueil a banni celui qui disait : « Je placerai mon trône vers l’Aquilon, je serai semblable au Très-Haut (Isa. XIV, 13, 14 ) ». Enfin, de cette terre l’orgueil a expulsé celui qui osa goûter du fruit défendu, afin de devenir semblable à Dieu, et voulut se dérober à la présence du Seigneur (Gen. III, 6-8 ). Voici des paroles de l’Ecriture qui nous font bien comprendre que cette terre est l’apanage de l’homme intérieur, et que l’orgueil en a expulsé l’homme du péché : « De quoi t’enorgueillir, cendre et poussière? pendant ta vie, tu as rejeté loin de toi ton intérieur ( Eccli. X, 9, 10 )» ; d’où l’on peut dire avec raison que s’il est rejeté, c’est par lui-même.

5. «Aussi, l’impie ne doit-il point ressusciter pour le jugement (Ps. I, 5 )», puisqu’il est balayé de la terre comme une vaine poussière. C’est avec justice que le Psalmiste dit ici que l’orgueilleux sera frustré de ce qu’il ambitionne, ou du pouvoir de juger : aussi nous fait-il mieux comprendre cette parole dans la phrase suivante : « Ni le pécheur dans l’assemblée des justes ». Il est d’ordinaire, dans l’Ecriture, que la seconde partie du verset explique la première, en sorte que « par l’impie » on doit entendre le pécheur, et par « le jugement », l’assemblée des justes. Ou du moins, s’il y a entre l’impie et le pécheur cette différence que tout impie soit pécheur, quoique tout pécheur ne soit pas toujours impie, « l’impie ne ressuscitera point pour le jugement », c’est-à-dire qu’il ressuscitera, sans aucun doute, mais non pour être jugé, car il est déjà condamné à des peines indubitables. « Mais le pécheur ne se relèvera point dans l’assemblée des  justes » , ou pour juger, mais bien pour être jugé, comme il est dit de lui : « Le feu doit éprouver l’oeuvre de chacun : celui dont l’ouvrage pourra résister, en recevra la récompense; celui dont l’ouvrage sera consumé en subira la peine ; lui cependant sera « sauvé, mais comme par le feu (I Cor. III, 13-15 ) ». (123)

6. « Le Seigneur, en effet, connaît la voie des justes (Ps. I, 6 ) ». Comme on dit : « La médecine connaît la guérison, mais non la maladie », et toutefois la maladie elle-même est connue par l’art médical; on peut dire dans le même sens que Dieu connaît la race des justes, et non la race des impies; non pas que Dieu ignore quelque chose, bien qu’il dise aux pécheurs : «Je ne vous connais-point (Matt. VII, 23 ) ». « Mais la voie de l’impie doit périr», se dit dans le même sens que si on lisait: Le Seigneur ne connaît point la voie de l’impie. Mais nous voyons clairement par là que celui qui est ignoré de Dieu doit mourir, comme celui qui en est connu doit subsister. En Dieu, être connu, c’est être; être ignoré, c’est n’être pas. Il a dit en effet: «Je suis celui qui suis», et « Celui qui est, m’a envoyé (Exod. III, 14 ) ».


Les commentaires de tous les psaumes 
sont en ligne à la source qui suit!

mardi 11 décembre 2018

Psaume 118: Vingt-Deuxième Octave



ת
Tav. Le signe. L'indication d'une vie véritablement pieuse.

La 22ème octave commence par la lettre Tav - le signe. Ici sont indiqués des signes par lesquels on peut déterminer si l'on est sur le bon chemin. C'est la dernière octave, celle qui sert de conclusion.

Elle décrit les sommets de la perfection humaine, les fruits donnés par une âme dévouée à Dieu. Elle a appris à prier, à chercher la compréhension et l'aide de Dieu (v. 169 - 170), d'ardentes prières et louanges surgissent de l'âme (v. 171), et la langue veut publier la voie de Dieu pour les autres hommes (v. 172); l'assurance de la protection de Dieu rend audacieux et augmente le zèle pour le salut (v. 173 - 174) comme elle vivifie l'âme et la remplit de l'assurance que Dieu l'aidera jusqu'à la fin (v. 175). Pourtant, au dernier moment, le Prophète s'humilie devant Dieu, en appelle à Sa miséricorde (v. 176), montrant là le signe même de son salut.



Verset 169 : "Que ma prière s'approche de toi Seigneur ; selon ta parole, donne-moi l'intelligence."
Il est juste de demander au donateur de toute sagesse l'intelligence, et de ne pas faire confiance à son intellect. C'est ce que le Prophète a fait. Lui qui sincèrement et totalement s'est remis entre les mains du Seigneur, reçoit cette intelligence presque aussitôt. Ceci arrive cependant quand le cœur est purifié des passions et que l'Esprit, l'Esprit de Vérité y fait sa demeure.

Verset 170 : "Que ma demande pénètre en ta présence : selon ta parole délivre- moi."
Il n'est nul homme se trouvant dans une situation difficile qui ne chercherait à y échapper. Ceux qui ont mis leur espoir en Dieu, alors qu'ils n'épargnent pas leurs propres efforts, ne leur attribuent aucun pouvoir et attendent la délivrance de Dieu en toutes circonstances qu'elles soient petites ou grandes.

Verset 171 : "Mes lèvres laisseront déborder un hymne quand tu m'auras enseigné tes jugements."
Au début l'intellect prie avec effort, c'est la prière de l'intellect. Une telle prière, échauffant le cœur se transforme en prière de l'intellect et du cœur. Le cœur ayant été réchauffé par l'influence de l'intellect commence à prier de lui-même, c'est la prière véritable ! La prière et la pratique active des commandements ne vont pas l'une sans l'autre, elles sont toutes deux une partie indissociable de la vie pieuse. La perfection de l'une conduit au succès de l'autre.

Verset 172 : "Ma langue publiera ta parole, car tous tes commandements sont justice."
Quand quelqu'un en est arrivé à aimer les paroles de Dieu, alors son discours est tout rempli d'elles. Ayant réellement vu combien le péché enchaîne et combien les commandements libèrent, qui ne les publierait pas pour les autres hommes ? Si vous voulez vivre une vraie vie, vivez comme vous l'ordonnent les commandements, tout autre vie n'est pas la vie.

Verset 173 : "Que ta main soit là pour me sauver, car j'ai choisi tes commandements."
Je n'ai pas d'autre volonté, je n'ai pas d'autre désir que de cheminer dans tes commandements. Ils retiennent toutes mes pensées et pénètrent tous mes sentiments. Celui qui parle ainsi, est l'enfant même de Dieu, et il peut espérer que la main de Dieu soit au-dessus de lui. Cela lui donne de l'audace mais une audace qui repose sur l'espérance et l'amour.

Verset 174 : "J'ai désiré ardemment ton salut, Seigneur, et ta loi est ma méditation."
Tout comme le désir des commandements, la soif du salut de notre Seigneur et la méditation continuelle de la loi expriment le zèle ardent du salut par l'accomplissement véritable des commandements. Ce zèle est la force motrice d'une vie pieuse : c'est la vie. Sans Lui, il n'est pas de vie spirituelle.

Verset 175 : "Mon âme vivra et te louera, et tes décrets seront mon secours."
La certitude du salut est nourrie et maintenue par le fait que le chemin du salut a été établi et traversé en tant qu'homme par notre Seigneur Lui-même. Dieu a donné les commandements et les promesses, l'homme y a cru et les a suivis avec confiance en l'aide de Dieu, et la conscience de cette aide donne des ailes à son espérance.

Verset 176 : "J'ai erré comme une brebis perdue ; viens chercher ton serviteur car je n'ai pas oublié tes commandements."

Il est merveilleux, dans la recherche du salut, que plus on se perfectionne dans la piété, et plus on se considère comme loin de la perfection. Une opinion aussi modeste et humble est en vérité le signe le plus sûr de progrès.



Ce verset est la conclusion et le sommet de tout ce psaume. Il révèle la hauteur de la perfection morale et dévoile en quoi elle consiste : les véritables serviteurs de Dieu se jugent semblables au serviteur inutile ou à la brebis perdue.

*

Fin et gloire à notre Dieu !
Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 






lundi 10 décembre 2018

Psaume 118: Vingt -et-Unième Octave



שׁ
Shin. La dent. La défense. Défense contre l'ennemi.
La 21ème octave est désignée par la lettre Shin - la dent. Dans le royaume animal, les dents sont instruments de protection, servent à se procurer la nourriture et de plus, elles aident les êtres humains à parler. Quels moyens de protection sont donnés à une personne qui veut vivre selon les commandements de Dieu ? La crainte de transgresser la loi (v. 161), l'espérance de bénédictions résultant de son accomplissement (v. 162), l'amour de la loi (v. 163) qui emplit l'âme et l'intellect de louange à Dieu, pour les bénédictions venant des jugements de la vérité de Dieu (v. 164), et ces bénédictions qui sont données en partage en conséquence de l'accomplissement de la volonté de Dieu : la paix de l'intellect (v. 165), l'espoir du salut (v. 166), l'amour même des commandements (v. 167), et ce qui couronne toutes ces bénédictions : la possibilité de cheminer devant Dieu. (v. 168)

Verset 161 : "Des princes m'ont persécuté sans raison, et mon cœur n'a redouté que tes paroles."
Se souvenant comment Saül et tous ses autres ennemis l'ont persécuté, le Prophète David dit qu'il n'avait crainte de cette persécution, son cœur ne craignait que les paroles de Dieu et à cause de cela s'abstenait de tout mensonge et de tout mal. La peur de transgresser les commandements de Dieu, protège le croyant du péché et des passions.

Verset 162 : "J'exulterai à cause de tes paroles, comme celui qui a trouvé de riches dépouilles."
Le second moyen de repousser le péché et de garder la vertu, est l'attente de
récompense pour avoir fait le bien, et non seulement l'attente, mais l'expérience réelle de cette récompense ici, sur cette terre. Ceci donne à l'homme paix de l'intellect, maîtrise de ses sentiments et la connaissance nécessaire pour continuer à avancer dans la vie spirituelle.

Verset 163 : "J'ai haï l'injustice et je l'ai eue en horreur, mais j'ai aimé ta loi."
Le troisième moyen spirituel est dans l'amour de la loi de Dieu et dans une aversion absolue pour l'iniquité. L'amour de la loi commence après avoir goûté à la douceur de ses fruits, après cela elle règne dans le cœur pour l'amour de sa perfection et de sa beauté, et elle est doublée d'une aversion pour toute iniquité.

Verset 164 : "Sept fois le jour je t'ai loué, pour les décrets de ta justice."
De l'amour de la loi et du débordement du cœur découle la louange de Dieu. Dieu soit loué ! Les justes jugements de Dieu, et les agissements merveilleux de Sa Providence, appellent la louange de l'action de grâce. Ceci explique le cycle des prières d'église et pourquoi les croyants trouvent de la joie à assister aux services religieux, en y consacrant leur temps et leurs efforts.

Verset 165 : "Grande est la paix de ceux qui aiment ta loi ; rien ne les fait trébucher."
Le Prophète montre par quels moyens l'accomplissement fidèle de la loi nourrit l'âme : cela donne la paix en abondance. La paix est le fruit de ceux qui sont calmes, et le calme réintègre un individu dans son état naturel, et cet individu établit de nouveau des relations fondamentales avec Dieu, les anges, la nature et bien sûr les autres êtres, et rien ne peut briser une telle paix.

Verset 166 : "J'attendais ton salut, Seigneur, et j'ai aimé tes commandements."
La seconde chose que l'on acquiert par l'accomplissement des commandements de Dieu est l'espérance du salut. La présomption du salut, dit Saint Ambroise, donna naissance à l'amour des commandements, l'amour véritable des commandements devient l'étai de l'espérance et l'espérance donne la paix en Dieu.

Verset 167 : "Mon âme a gardé tes témoignages, elle les a aimé ardemment."
La troisième source de nourriture spirituelle reçue de l'accomplissement des commandements est l'amour même de ces commandements. Ainsi, il y a amour réel des commandements quand on les accomplit, accomplissez-les donc d'abord et ainsi vous les aimerez.

Verset 168 : "J'ai gardé tes commandements et tes témoignages, car toutes mes voies sont devant toi."
Comme résultat de ses méditations précédentes, le Prophète insiste ici sur le fait de marcher devant Dieu. La crainte de la transgression , la paix de l'intellect, l'amour des commandements l'ont amené à aimer le Législateur, à être constamment conscient de Sa présence, tout cela accroît le zèle du Prophète, son amour pour la volonté de Dieu et sa paix intérieure.



Le Psaume 118 

d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 



dimanche 9 décembre 2018

Psaume 118: Vingtième Octave


ר
Resh. La tête. Les dispositions essentielles du cœur.
La 20ème octave est placée sous le signe de la lettre Resh, la tête. La tête signifie ce qu'il y a d'essentiel (chef), de principal. Dans la vie morale, ce mot peut être utilisé pour indiquer la disposition principale du cœur par laquelle une telle vie est soutenue et activée. Le Sauveur indiqua de telles dispositions dans sa présentation des Béatitudes : humilité, contrition, douceur, amour de la vérité, miséricorde, pureté de cœur, amour de la paix, patience, espoir. Et l'apôtre Paul, indique des dispositions similaires quand il énumère les fruits du Saint Esprit : amour, joie, patience, bonté, miséricorde, foi, douceur, abstinence (Gal. 5.22,23).
Il y a des passages similaires dans d'autres pages des Saintes Ecritures dont fait partie cette octave. L'on voit ici : l'humilité, la pureté de la conscience, la recherche des ordonnances de Dieu, l'espérance du salut, la patience, le zèle pour les autres (le prochain ), l'amour de Dieu et la conviction de la permanence des commandements de Dieu.

Verset 153 : "Vois mon humiliation, et délivre-moi, car je n'ai pas oublié ta loi."
L'humilité est une disposition du Cœur par laquelle une personne jouissant de nombreuses qualités, considère qu'elle ne possède rien de spécial, mais se considère au contraire dépourvue de toutes les vertus et voit en Dieu sa seule source de force et de succès. Une telle disposition de l'esprit est la racine de la vie spirituelle. N'espérons aucune aide de Dieu sans elle. Tous les justes théophores avaient cette disposition : Abraham, Moïse, le Roi David et tous les autres, tous les saints.

Verset 154 : "Juge ma cause et rachète-moi ; vivifie-moi selon ta parole."
Celui qui est convaincu d'avoir raison, va en justice avec l'assurance d'un jugement favorable. Pourtant, sur terre les gens le font en sachant qu'ils ont tort. Il n'est pas possible de demander l'intervention de Dieu quand notre conscience cache un manque de justice, et nous accuse de ne pas respecter la loi. La pureté de la conscience est une des dispositions principales du cœur fidèle à Dieu.

Verset 155 : "Le salut est loin des pécheurs, parce qu'ils n'ont pas recherché tes jugements."
La pureté de conscience est possible seulement quand on veille à ce que sa vie soit un accomplissement des commandements de Dieu : c'est en cela que consiste la recherche des jugements, car il peut y avoir une recherche purement intellectuelle sans zèle aucun pour appliquer ce qui a été découvert.

Verset 156 : "Nombreuses sont tes compassions, Seigneur, vivifie-moi selon ton jugement."
On doit avoir une conscience claire et œuvrer à l'accomplissement de toutes les prescriptions de la loi, mais le salut n'est pas dans nos efforts, il vient du Seigneur qui voyant les efforts de ceux qui l'aiment, leur accorde le salut.

Verset 157 : "Nombreux sont mes persécuteurs et mes oppresseurs ; je n'ai pas dévié de tes témoignages."
L'espérance du salut donne la force de supporter et de vaincre toutes les épreuves rencontrées en chemin. De plus les afflictions et les malheurs par fidélité aux témoignages de Dieu, apportent d'eux-mêmes une douce récompense : car "bénis sont les persécutés pour la justice, le royaume des cieux est à eux." (Mat. 5,10), ceci confère au croyant une grande patience.

Verset 158 : "J'ai vu les insensés, et j'étais consumé, parce qu'ils n'ont pas gardé tes paroles."
Celui qui aime la vie honnête, ne peut voir avec indifférence et sans se lamenter, les gens qui oublient Dieu et méprisent sa loi. Nous devrions enseigner et guider avec sagesse, mais plus encore par l'exemple de notre propre vie que par des paroles.

Verset 159 : "Vois, Seigneur, combien j'ai aimé tes commandements ; vivifie-moi par ta miséricorde."
Le Prophète ne se contente pas de garder les commandements, il les aime ; dans chacune des actions qu'il fait, il agit ainsi parce qu'il aime les commandements. Il aime l'humilité, l'abstinence, la douceur, piétés non seulement incarnées dans des actes, mais en tant que dispositions durables du cœur qui se dilate en proportion directe à l'accomplissement de ces vertus. Petit à petit, les passions se calment et la douceur de la vertu s'attache graduellement au cœur et le remplit de l'amour des commandements.

Verset 160 : "Le principe de ta parole est vérité ; tous les décrets de ta justice sont pour l'éternité."
Les paroles de Dieu sont Vérité immuable. Il n'est pas, et il ne peut y avoir de situation dans laquelle elles ne seraient pas impératives et pourraient être supprimées. Elles sont valables pour toute la vie de l'homme, sont obligatoires pour toute l'humanité, englobent le monde entier et s'étendent jusques à l'éternité. 

Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 

samedi 8 décembre 2018

Psaume 118: DIx-Neuvième Octave

ק
Koph. Le singe. La perfection de Dieu doit être imitée.
La 19ème octave est construite par la lettre Koph - le singe. L'imitation n'est pas seulement nécessaire, mais indispensable dans la vie morale et religieuse. Soyez miséricordieux, comme votre Père céleste est miséricordieux. Le Prophète invite à imiter Dieu comme un exemple parfait et en même temps à l'imiter comme donateur de force. C'est ce dont parlent les invocations de cette octave : "J'ai crié de tout mon cœur, exauce-moi, Seigneur ; je rechercherai tes jugements." Il se lève dans les ténèbres de la nuit et prie. Il se lève tôt pour trouver le temps de méditer, les ennemis de la vie spirituelle le persécutent mais il reste fidèle à Dieu, Le cherche et promet d'être toujours fidèle aux commandements de Dieu qui ont été établi pour toujours.

Verset 145 : "J'ai crié de tout mon cœur ; exauce-moi, Seigneur ; je rechercherai tes jugements."
"J'ai crié de toute la force de ma tendresse spirituelle vers Dieu" ; telle était la prière de Moïse, et Dieu lui dit : "Pourquoi m'appelles-tu ?" pourtant il était silencieux, la bouche close, mais le cri de son cœur était si puissant, qu'il traversa les cieux et s'éleva jusqu'à Dieu.

Verset 146 : "J'ai crié vers toi, sauve-moi ; et je garderai tes témoignages."
Avec les yeux de l'intellect et les souhaits du cœur, le Prophète a embrassé ces témoignages et il est impatient de les amener à la vie et de façonner sa nature à leur image. Il sait cependant que sans aide d'En-Haut, il ne réussira pas, et par son invocation il espère recevoir tout ce qui lui est nécessaire pour réussir.

Verset 147 : "J'ai devancé l'heure et j'ai crié ; j'ai mis tout mon espoir en tes paroles."
Devancer l'heure indique l'intensité de sa quête. Le Prophète était roi, sous le fardeau de nombreuses charges, menant la guerre aussi et cependant, il trouve le temps d'offrir ses prières à Dieu, non seulement durant le jour, mais au milieu de la nuit. Il aimait tant son Créateur qu'il l'appelait à l'aide avec zèle.
Devancer l'heure dans les heures mortes de la nuit pourrait aussi vouloir dire un temps d'échec, un temps d'oppression par des impulsions pécheresses qui annihilent l'énergie et rendent le croyant plus vulnérable; dans ce cas, il met aussi sa confiance en Dieu.

Verset 148 : "Mes yeux n'ont pu attendre l'aurore, pour méditer tes paroles."
Le Prophète se lève tôt pour étudier les paroles de Dieu, pour lire ou méditer. Le Saint Esprit, agissant dans la parole de Dieu, met dans le cœur ouvert des graines de commencements salutaires, qui, si elles sont reçues avec sympathie, sont transformées plus tard avec le zèle qui convient.

Verset 149 : "Ecoute ma voix, selon ta miséricorde, Seigneur, et vivifie-moi selon ton décret."
Demandant la miséricorde de Dieu, le Prophète exprime l'espérance qui appelle la miséricorde, mais il se soumet au jugement de Dieu. Il dit ce qu'il a à dire avec humilité, suscitant ainsi la générosité de Dieu, car l'humilité est un vaisseau profond et large pour recevoir les dons de la miséricorde.

Verset 150 : "Mes injustes persécuteurs se sont approchés, mais ils seront éloignés de ta loi.
Les règles de vie sont indiquées dans les commandements, le Prophète y aspire. Au contraire, les injustes se hâtent de briser la loi, et ils essaient d'entraîner à leur suite ceux qui craignent Dieu. Une vie sans la loi, cesse d'être une vie.

Verset 151 : "Tu es proche, Seigneur, et toutes tes voies sont vérité."
Le Seigneur est proche de tous, mais tous ne le reconnaissent pas. Les commandements de Dieu pour quelqu'un qui les accomplit, forment un point de contact avec Dieu et cet être s'approche de Dieu. Celui qui se force à être avec Dieu, garde son intellect en Dieu et marche en sa présence, reconnaissant que c'est là le but, aussi bien que la fin de tout acte de dévotion.

Verset 152 : "Dès le commencement, j'ai su de tes témoignages que tu les as fondés pour l'éternité."
La loi selon laquelle nous devons nous façonner d'après les commandements de Dieu, consiste d'abord à contempler en eux notre Seigneur, le Législateur, et puis à se rapprocher de lui, et à le faire venir en nous. Les pécheurs disent qu'il est possible de faire autrement, mais le croyant dit non ! et ce non, le sauve de la trangression des lois divines qui ont été fondées à jamais, et ne sont pas sujettes à des interprétations changeantes. 

Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 

vendredi 7 décembre 2018

Psaume 118: DIx-huitième Octave


צ
Tsadé.Vue de profil. Différentes approches de la parole de Dieu.
La 18ème octave commence par la lettre Tsadé. Flanc ou côté. Voici des indications sur les différentes vues, aspects ou facettes des commandements. La relation avec les commandements est exprimée par une disposition spécifique, quatre de ces dispositions sont mentionnées ici : la Foi, la certitude que les commandements sont la vérité immuable (v. 137, 138), le zèle résultant d'une telle conviction ferme, le désir de l'accomplir, et l'amour des commandements (v. 139, 140), l'humilité avec l'espérance (v. 141, 142), l'acceptation des souffrances qui sont occasionnées par la fidélité aux commandements (v. 143, 144). Voici un programme complet : le pain de la vie spirituelle est arrosé de la sueur de son front.

Verset 137 : "Tu es juste, Seigneur, et ton jugement est droit."
Le Prophète exprime la certitude de la vérité des commandements. Il tire cette certitude de la méditation de la Justice de Dieu et de la compréhension de la nature des commandements eux-mêmes. De même qu'il est sûr que le Seigneur est juste, de même il est certain que les voies exprimées par les commandements sont droites et justes.

Verset 138 : "Tu as prescrit tes témoignages comme justice, et comme vérité absolue."
Extrêmement justes et vrais sont les commandements, car ils correspondent parfaitement à notre nature, aux circonstances de notre vie, et sur ceux qui les accomplissent, ils font descendre une profonde paix intérieure, ils leur donnent la force dans les temps d'épreuves, les sort d'une manière incompréhensible des situations inextricables, et les conduit à une éternité de béatitude.

Verset 139 : "Ton zèle m'a consumé parce que mes ennemis ont oublié tes paroles."
Le Prophète se désole pour ceux qui vivent dans l'iniquité et voyant qu'ils négligent la loi, il s'indigne. Tels étaient les sentiments d'Elie, de Phinéas, et d'Etienne; quant à nous, que ce zèle, ce feu nous consume.

Verset 140 : "Ta parole est passée par le feu, et ton serviteur l'a aimé."
La parole de Dieu acceptée par une personne, pénètre au plus profond, et comme le feu, elle vivifie ce qui est bon, et brûle ce qui est mauvais. Alors seulement les pensées, les élans pieux et les sentiments, habitent dans l'esprit. Se reconnaissant serviteur de Dieu, le croyant obéit à la parole de Dieu d'autant plus que la pleine vérité s'y trouve incarnée, aimante et agréable au cœur. Pour ceux qui craignent Dieu, le plaisir de la parole de Dieu n'est pas seulement contemplation: il est toujours accompagné par la conscience de la responsabilité que cela implique.

Verset 141 : "Je suis jeune et tenu pour rien ; je n'ai pas oublié tes jugements."
Le prophète et Roi David au faîte de sa gloire, respecté de tous, s'humilie devant le Seigneur. Il fut protégé par Dieu dans sa jeunesse, et plus tard quand il commença à s'élever ; il est conscient de tout ceci et témoigne que de ce que, seule la grâce de Dieu l'a conduit et affermi. Il reconnaît aussi que tout lui est arrivé par sa dévotion à la loi.

Verset 142 : "Ta justice est une justice éternelle, et ta loi est la vérité."
Le Prophète s'anime par l'espoir que marchant dans les chemins de la loi de Dieu, et respectant fidèlement la vérité de Dieu, il est dans la réalité et non dans l'illusion, et il voit la couronne avec laquelle sont couronnés au-delà des limites de cette vie, ceux qui sont fidèles à la loi de Dieu et à Sa vérité.

Verset 143 : "La tribulation et l'angoisse m'ont saisi, tes commandements sont ma méditation."
Illumination intérieure, ténèbres extérieures c'est le quatrième aspect de la fidélité aux commandements. Les tribulations et l'angoisse recouvrent comme une ténèbre le croyant fidèle aux commandements, pourtant ces commandements sont son réconfort. La providence de Dieu le veut ainsi, et très souvent cela est mieux pour lui.

Verset 144 : "Tes témoignages sont justes pour l'éternité ; donne-moi l'intelligence, et je vivrai."
Nous devons supporter avec un cœur serein tout ce qui nous arrive, n'étant concerné que par la voie des commandements, croyant que c'est la seule voie sûre. Les tribulations et les épreuves, essaient d'obscurcir la clarté d'une telle foi et c'est à nous de disperser ces ténèbres, et de restaurer la sérénité de notre foi en nous disant que les témoignages de Dieu sont vérité éternelle. 
Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 


jeudi 6 décembre 2018

Psaiume 118: Dix-Septième Octave


פ


Phé. Bouche. Discours. Dieu parle, l'homme devrait écouter.
La 17ème octave est placée sous le signe de la lettre Phé. Bouche. La bouche de Dieu prononce des ordres et des commandements, la bouche de ceux qui craignent Dieu professe leur absolue soumission à Dieu, et le prie de les enseigner et de leur donner la force d'accomplir précisément tout ce que prononce sa bouche, exprimant la contrition et la repentance, s'ils viennent à y manquer. Les paroles de Dieu sont merveilleuses et attirent l'attention de l'âme (v. 125), la parole de Dieu rend plus sage et illumine (v. 130), la soif des commandements de Dieu attire sa grâce (v. 131), celui qui se dédie à Dieu se trouve sous la protection de Dieu (v. 132) et la crainte du Seigneur le protège et le guide dans toutes ses voies (v. 133) ; à l'heure de l'épreuve, elle lui donne la force de ne pas quitter le chemin de la vertu (v. 134), elle fait descendre sur lui la bienveillance de Dieu (v. 135) et lui confère le don des larmes pour ses péchés.

Verset 129 : "Admirables sont tes témoignages, c'est pourquoi mon âme les a scrutés."
La Sainte Ecriture enseigne comment vivre, et sa tâche est de préparer non pas des hommes savants, mais des hommes saints. Elle révèle à l'homme Dieu, ses créations, sa providence, et le plan du salut par le Christ, le Messie ; elle montre les chemins de la sainteté, et dans les merveilleux commandements des Béatitudes, dans le pardon des offenses et l'amour des ennemis, elle établit l'homme en paradis déjà sur cette terre, appelant tous à la suivre.

Verset 130 : "La manifestation de tes paroles illumine les petits enfants, et leur donne l'intelligence."
La parole procédant de la bouche de Dieu, est claire et effective, accessible même aux petits enfants, et encore plus accessible pour les adultes quand ils l'acceptent avec une simplicité d'enfant. La parole de Dieu illumine tout et éclaire tout. Illuminant, elle montre l'ordre et les règles de la vie, et rendant l'être sage, elle lui explique comment vivre et se conduire selon ces préceptes.

Verset 131 : "J'ai ouvert la bouche et j'ai attiré l'Esprit, parce que je désirais ardemment tes commandements. Les Pères théophores voient dans l'ouverture de la bouche, l'ouverture de l'intellect et du cœur exprimant la soif et l'esprit humain ; et dans l'attirance de l'Esprit, la soif et l'acceptation de l'Esprit de grâce confirmant et appuyant l'accomplissement des commandements qui sont aimés de tout cœur.

Verset 132 : "Regarde vers moi, et aie pitié de moi, selon ton décret envers ceux qui aiment ton Nom."
La continuité de la protection de Dieu et de sa bienveillance est désirée, parce que l'on reconnaît sa faiblesse et le danger toujours présent. La vie véritable dans l'esprit est confortée par une constante réciprocité entre Dieu et l'esprit, et l'esprit et Dieu. Un cœur dévoué à Dieu et le cherchant, le trouve et Il habite en lui. L'amour de Dieu est le suaire naturel de ceux qui l'aiment et sont aimés de Lui.

Verset 133 : "Conduis mes pas selon ta parole, et qu'aucune iniquité ne domine sur moi."
Beaucoup de choses semblent nécessaires et bonnes, et ne le sont pas. Elles introduisent la confusion, dérangent les pensées et les sentiments, et permettent de fortes attaques de l'ennemi. Le péché ne quitte pas celui qui est entré sur le chemin de la piété, tout au contraire, ont alors lieu de telles attaques que l'âme semble forcée à pécher, et si ce n'était l'aide de Dieu, le péché serait inévitable.

Verset 134 : "Rachète-moi des calomnies des hommes, et je garderai tes commandements ."
La calomnie oppresse le cœur, affaiblit l'énergie de la piété, ébranle et tente d'éloigner l'être de l'action de l'esprit. Ce n'est pas sans dessein que le Seigneur a fait de la calomnie supportée patiemment un commandement qui mène à la béatitude : "Bienheureux êtes-vous quand les hommes vous calomnient " et la prière du Prophète est ici de ne pas succomber à la calomnie qui est inévitable pour tous, et de ne pas dévier dans la vie des commandements.

Verset 135 : "Fais resplendir ta Face sur ton serviteur, et apprends-moi tes jugements."
Celui qui chemine ainsi, voyant sur lui l'aide et la protection de Dieu, réalise que cette attitude de Dieu envers l'homme est en relation directe avec l'adhésion de l'homme aux commandements de Dieu. La conscience témoigne de cette relation. Le Prophète implore Dieu de le laisser toujours debout devant lui de telle sorte que Dieu baisse les yeux sur lui sans qu'il ait honte de son imperfection. C'est là, bien sûr, une prière pour obtenir la grâce de reconnaître les fautes cachées et de les corriger.

Verset 136 : "Mes yeux ont fait jaillir une source de larmes, parce qu'ils n'ont pas gardé ta loi."
Le Prophète exprime ici son repentir sincère pour tout ce qu'il a fait consciemment, dans sa vie extérieure et intérieure, qui fut désagréable à Dieu, et en opposition à sa volonté exprimée dans les commandements. Et il n'en est pas seulement conscient et désolé, mais il verse des larmes en vérité. Pourtant ces larmes ne viennent pas de la peur, mais de la connaissance que le Seigneur bien- aimé a été offensé.


Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille])