Rechercher dans ce blog

dimanche 10 novembre 2019

LA PRIÈRE MONASTIQUE DES PSAUMES A SAUVÉ LES SURVIVANTS D'UN NAUFRAGE PRÈS DE LA CÔTE INDIENNE


Cette histoire a été racontée par l'higoumène Théodosie (Dyatchkova). Mère Supérieure du Couvent de la Nativité du Christ dans le diocèse de Vyatka.


"Récemment, raconte l'higoumène Théodosie, une femme m'a exprimé ses remerciements. "La paroissienne m'a dit qu'il n'y a pas si longtemps, en octobre, juste avant que ses enfants ne partent en vacances, elle a demandé la lecture du Psautier avec la mention de leurs noms, afin que les moniales du couvent puissent prier quotidiennement pour ses enfants. 

Ses enfants et ses petits-enfants - quatre personnes en tout - se trouvaient à bord même du navire qui a subi un naufrage près de la côte indienne, mais par miracle, ils ont survécu et n'ont pas été blessés du tout. La femme a ainsi expérimenté elle-même l'effet de la prière monastique et la puissance de la lecture perpétuelle du Psautier."

Le 28 octobre, un navire touristique a fait naufrage près de la côte indienne, rappelle le site web du diocèse de Vyatka.

Trois des dix passagers russes qui ont affrété le navire sont morts. Parmi les naufragés qui ont miraculeusement survécu se trouvaient les enfants et petits-enfants adultes (tous sains et saufs !) de la paroissienne du couvent de la Nativité du Christ (dans la ville de Slobodskoy, région de Kirov) qui, avant le début des vacances de ses proches, avait fait en sorte que "la lecture perpétuelle du Psautier soit dite pour leur santé".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
et

mardi 29 octobre 2019

Comment prier les Psaumes


L'Orthodoxie a beaucoup de prières standard qui peuvent être utilisées par les fidèles quand nous prions à la maison et à l'église. Ces prières standard comprennent les Psaumes, le "Livre de prières" de Dieu. Les Psaumes nous enseignent comment, quoi et quand prier. Lorsque nous les récitons dans la prière et avec foi, Dieu parle et nous éclaire selon nos besoins et nos circonstances individuelles. De plus, les Psaumes deviennent peu à peu partie intégrante de notre propre vie quotidienne lorsqu'ils sont dans notre mémoire par une répétition constante, et qu'ils sont étudiés dans leur contexte avec le reste de la Bible à l'aide des commentaires des Pères de l'Église.

Pour un chrétien orthodoxe, cependant, le danger est de ne pas laisser la lecture quotidienne des Psaumes devenir quelque chose d'impersonnel qui nous empêche d'établir une véritable relation avec Dieu. Au contraire, la lecture quotidienne des Psaumes devrait servir de tremplin à une vie de prière incessante où nous sommes complètement immergés en Christ.

Selon saint Athanase le Grand, la prière des Psaumes nous engage dans une rencontre et une conversation continues avec notre Seigneur Jésus Christ. Nous nous trouvons constamment en train d'invoquer Son "Nom grand et impressionnant " ou de demander que la lumière de Sa Face brille sur nous (Psaume 67:1). Nous nous trouvons régulièrement en train de nous joindre à Ses prières offertes "au nom de l'humanité" ou de faire nos propres appels à Sa miséricorde, à Son salut ou à Sa délivrance.

Les Psaumes peuvent aussi être vus sous l'angle christologique, c'est-à-dire en voyant dans les Psaumes des références claires à Jésus Christ. Par exemple, le Psaume 22 est un signe avant-coureur de la Passion et, par conséquent, les paroles "Protège-moi, Seigneur, car j'espérais en toi", constituent une prière du Christ Lui-même au Père.

La prière des Psaumes doit se faire en réalisant que nous nous tenons devant Dieu et que nous sommes en Sa présence même. Bien qu'il ne semble pas que nous priions ou demandions quoi que ce soit au Seigneur, en fait nous le faisons. L'acte de se tenir en Sa présence et de lire Sa Parole est la prière elle-même.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 31 août 2019

Clément Marot: Psaume L (50)

Clément Marot
(1496-1544)

***


1. Miséricorde et grâce, ô Dieu des cieux!

Un grand pécheur implore ta clémence;
Use en ce jour de ta douceur immense
Pour effacer mes crimes odieux.
 Ô Seigneur, lave et relave avec soin,
De mon péché la tache si profonde;
pands sur moi dans ce pressant besoin
Toute la grâce où mon espoir se fonde.



2. Mon cœur, rempli de tristesse et d’effroi,
Connaît sa faute et sent qu’elle est énorme;
Mon crime, hélas! sous sa plus laide forme,
Me suit partout, et partout je le vois.
J’ai contre toi commis ce grand forfait;
C’est à toi seul à punir mon offense;
Tu peux le faire, et quand tu l’auras fait,
Tu paraîtras juste dans ta vengeance.



3. Je le sais trop, et je l’ai toujours su, 
J’étais souillé, même avant que de naître;
las! Seigneur, j’ai commencé de l’être
Dès qu’en son sein ma mère m’a conçu;
Mais toi, grand Dieu, qui n’es que sainteté,
Tu veux des cœurs où règne l’innocence;
Et tu m’avais, par ta grande bonté,
De tes secrets donné la connaissance.



4. Avec l’hysope arrose-moi, Seigneur;
Lave mon âme, efface sa souillure;
Tu te plairas à la voir ainsi pure,
Et l’emporter sur la neige en blancheur.
Je sens mes os brisés par ton courroux;
Parle de paix à mon cœur qui t’en prie;
Je suis guéri, Seigneur, si tu m’absous,
Et ton salut va me rendre la vie.



PAUSE




5. N’arrête plus tes yeux sur mes forfaits,
Ils ne pourraient qu’enflammer ta colère;
Oublie, ô Dieu, pour finir ma misère,
Ce crime atroce, et tous ceux que j’ai faits.
Daigne, Seigneur, daigne créer en moi
Un esprit pur, un cœur brûlant de zèle;
Pour ranimer et raffermir ma foi,
Que ton Esprit en moi se renouvelle.



6. Trop loin de toi je me vois reculé;
Guéris les maux qui font que je soupire.
Que ton Esprit jamais ne se retire,
Quand tu l’auras en moi renouvelé.
Mon Dieu, rends-moi ta consolation,
Elle peut seule adoucir ma tristesse;
Que ton Esprit, dans cette affliction,
Par sa vertu soutienne ma faiblesse.



7. Alors, Seigneur, rentré dans tes sentiers,
Aux égarés je les ferai reprendre;
À mon exemple, on les verra s’y rendre,
Et revenir à toi plus volontiers.
Dieu mon Sauveur, tout-puissant et tout bon,
Le sang versé te demande vengeance;
Mais si de toi j’en obtiens le pardon,
Je publierai ta grâce et ta clémence.



8. Ouvre, Seigneur, mes lèvres désormais,
Que mes frayeurs ont si longtemps fermées;
Et par mes chants tes louanges semées
Vont en tous lieux retentir à jamais.
Si tu voulais que, pour de tels péchés,
En holocauste on t’offrit des victimes,
J’en eusse offert; mais des cœurs si tachés
Le sang des boucs n’efface pas les crimes.



9. Le sacrifice agréable à tes yeux,
C’est le regret d’une âme pénitente;
Un cœur brisé d’une douleur pressante;
Celui-là seul, grand Dieu, t’est précieux.
moigne encore à Sion ta bonté;
Protège, ô Dieu, conserve et fortifie
rusalem, ta fidèle cité;
Hausse ses murs et ses tours r’édifie.



10. Alors, Seigneur, nos cœurs mieux disposés
Seront pour toi d’agréables offrandes,
Et les taureaux, comme tu le commandes,
Sur ton autel par nous seront posés.

(1729)

samedi 24 août 2019

Père Lazare Moore:L'Effet des psaumes

Psautier du temps d'Ivan le Terrible

Les gens parlent de maisons hantées. Le Psautier est une maison de prière hantée par l'Esprit du Christ qui a inspiré les Psaumes. Utilisés à bon escient, ils ne peuvent que nous élever au-dessus de nous-mêmes. Ils nous confrontent à Dieu et nous nous trouvons hantés par Sa présence et progressivement confrontés à Lui. 

Ils amènent nos cœurs et nos esprits dans la présence du Dieu vivant. Ils remplissent nos esprits de Sa vérité afin de nous unir à Son amour. Les saints et les Pères de l'Église, tout comme les patriarches et les prophètes d'Israël, étaient hantés par la réalité vivante du Rédempteur révélée au monde dans le psautier. 

Il est la Parole de Dieu cachée dans ces paroles de Dieu. Tandis que vous persévérez dans la prière des Psaumes, vous serez imprégnés du Saint-Esprit comme les arbres sont trempés par la pluie (Ps 103:16), vous serez ravis en Dieu et pénétrés de temps en temps par des intuitions vivantes de son action, votre esprit et votre cœur seront purifiés. 

Les cœurs purs connaissent Dieu comme le Père des miséricordes Qui a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique pour leur rédemption (Jean 3:16), et ils Le voient faire toutes choses nouvelles (Apoc. 21:5). 

Ils Le voient et Le connaissent non seulement par la foi, encore moins par la spéculation, mais par une expérience intérieure et incommunicable. 

Alors que nous chantons Sa gloire, nous sommes conduits par la foi à voir Sa vaste activité dans tous les aspects de la vie. 

En contemplant la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en sa ressemblance de gloire en gloire par l'Esprit de Dieu (2 Cor. 3:18). Mais cela n'arrivera que si nous voyons Christ comme le chemin, la vérité et la vie des Psaumes (Jean 14:6), le grand Dieu dans lequel nous vivons et nous nous mouvons et avons notre être (Ac 17:28). 

Alors que nous persévérons dans la recherche de Sa face, nous découvrons que les Psaumes éveillent en nous la volonté de croire et la volonté d'aimer. 

Par la foi et l'amour, nous entrons dans le royaume de la réalité éternelle, et de nouvelles perspectives d'expérience s'ouvrent devant nous (Jean 5.24).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


lundi 29 juillet 2019

MGR BOULGARIS: EXPLICATION DU PSAUME 50



Verset 1 

Dans ce verset, le roi David connaissant le grand malheur que lui a procuré le péché, demande à Dieu sa grande Miséricorde. 

"Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". 

Au début de ce psaume, le prophète David demande à Dieu de le prendre en pitié selon sa grande Miséricorde. Par là, il montre qu'il se trouve dans un malheur pitoyable. En effet, la Miséricorde de Dieu n'est demandée que par le malheureux et c'est donc celui qui se trouve dans un grand malheur qui demande la pitié, comme le dit aussi le vénérable Augustin : "celui qui demande la pitié confesse un grand malheur".

Et ce grand malheur n'est rien d'autre que le péché; en effet, tous les autres malheurs du monde, comparés au péché, ne sont des malheurs que par le nom, puisque ces malheurs ne nous privent d'aucun bien véritable sinon de ceux qui sont temporels et apparents et qui disparaissent tous avec la mort. 

Le péché est le seul grand et vrai malheur, car il nous prive de Dieu qui est le Bien véritable, parfait et éternel. C'est pourquoi aussi le prophète David, bien qu'il s'adresse à Dieu dans ce psaume, n'ose pas L'appeler son Dieu puisqu'à cause de son péché, il a été privé de Lui. Un certain homme vertueux disait : "Moi je n'ose pas T'appeler mon Dieu car je T'ai perdu à cause de mes péchés. Qu'ils T'appellent leur Dieu les innocents et les justes, mais moi le pécheur je dis seulement : 'Ô Dieu, prends pitié de moi'." 

Oh, quel grand malheur pour une âme misérable que de s'éloigner de Dieu et de Le perdre ! Cesser d'appartenir à Dieu et que Dieu ne soit plus à elle ! Mais nous, nous ne ressentons que très peu cette calamité, et c'est ce qui rend notre malheur excessif. En effet, si nous sommes privés de notre santé, si nous n'avons pas gain de cause dans un tribunal, si un de nos enfants meurt ou si nous perdons l'amitié d'un homme important, nous ne pouvons nous consoler, ni ne savons comment donner fin à notre affliction. Mais si nous perdons Dieu, ses Charismes, son Amitié, ses Mystères, cela ne nous afflige aucunement et ne nous cause même pas de larmes. Alors que les malheurs de ce monde nous bouleversent outre mesure, le péché, lui, ne nous embarrasse aucunement malgré le fait qu'il est non seulement cause mais aussi mère de tous les malheurs, comme le dit aussi un sage : "Ce qui rend l'homme malheureux n'est rien d'autre que le péché". Cette indifférence que nous avons pour le péché ne vient que de l'aveuglement de notre esprit. 

C'est dans cet aveuglement que se trouvait aussi le prophète David quand il avait Betsabée sous son pouvoir, quand il ôta la vie à Urie, quand il croyait qu'il était très heureux et quand il était assis sur son trône royal avec grande joie et confort. Mais quand Dieu, à travers le prophète Nathan, lui versa une goutte de la lumière de sa Grâce, alors il comprit aussitôt ses péchés et il reconnut et confessa son grand malheur. C'est pourquoi il se mit immédiatement à demander à Dieu sa grande Miséricorde : "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". 

Ah ! Combien d'entre nous, puisque nous sommes en bonne santé, riches et dans la gloire, nous nous délassons et nous réjouissons ? Mais quel est le profit, frères, d'un tel bonheur mondain, quand notre âme est malheureuse, puisque remplie de péchés? Nous lisons dans l'Apocalypse que le hiérarque de Laodicée croyait qu'il était riche et heureux; mais Dieu lui révéla, à travers saint Jean le Théologien, qu'il était pauvre, nu et aveugle : "...tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et ... tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu..." (Ap 3,17). 
Si ce hiérarque se trouvait dans cette condition misérable, alors qu'il ne menait pas une vie aussi mauvaise que la nôtre, que doit penser de lui-même chaque pécheur ? Quel est le degré de son malheur, de sa nudité et de son aveuglement ? Donc, mes frères les chrétiens, suppliez Dieu en larmes qu'il verse dans votre cœur un rayon de lumière, pour connaître votre état misérable et déplorable et pour apprendre que, dans ce monde, personne n'est véritablement malheureux sinon le pécheur. 

C'est pourquoi aussi, dès qu'il eut reconnu la calamité que lui procurèrent l'adultère et le meurtre qu'il commit, le prophète David ne pensa à aucun autre moyen pour être sauvé de l'enfer éternel, sinon de revenir à Dieu et de Lui demander sa grande Miséricorde. La Miséricorde de Dieu est un des Charismes divins qui sont infinis et au-dessus de tout chiffre. C'est pourquoi elle n'augmente ni ne diminue et par conséquent ne peut s'appeler grande ou petite. Humainement, on l'appelle grande et petite selon les péchés pardonnables ou mortels qu'Il nous pardonne. En effet, celui qui a péché par ignorance n'a pas besoin d'une aussi grande pitié, comme le dit le vénérable Augustin : "Que ceux qui ont péché par ignorance demandent aussi une petite pitié". 

Mais celui qui a péché par connaissance et avec une ferme décision a besoin aussi d'une grande pitié pour être pardonné, comme le prophète David qui avait prémédité ses péchés et les a commis avec toute sa méchanceté. En effet, c'est avec malice qu'il amena Bethsabée à accomplir son désir, et c'est avec fourberie qu'il tua Urie, en lui donnant les lettres qui contenaient l'ordre de sa mort, pour qu'il les portât à Joab. C'est pourquoi il demanda à Dieu sa grande Miséricorde, car ses péchés étaient plus grands. Donc toi aussi, lecteur, recherche dans ton esprit tes péchés et si tu les trouves grands et remplis d'une méchanceté infinie, tu as besoin toi aussi de son immense Miséricorde. 

Pour cela, supplie Dieu d'un cœur contrit de te verser sa Miséricorde, en lui disant : "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". Pour attirer la Miséricorde de Dieu, le prophète David aurait pu présenter tous lesbiens qu'il avait accomplis, c'est-à-dire le culte et les sacrifices qu'il offrait à Dieu, les grands honneurs qu'il Lui avait fait avec l'arche, la compassion qu'il montrait envers ses ennemis, et d'autres bonnes œuvres semblables qu'il avait exercées. Mais il savait très bien qu'à partir de cet instant misérable où il décida de pécher, toutes ses bonnes œuvres tombèrent dans un gouffre déplorable et il ne lui restait plus rien. "De toutes les œuvres de justice qu'il accomplit, je ne me souviens pas", dit le Seigneur à travers le prophète Ezéchiel. 

N'ayant donc aucun espoir dans ses bonnes œuvres, qu'il avait accompli jusqu'alors, David accourut à Dieu ayant tout son espoir en sa grande Miséricorde. Il agit comme ce serviteur qui, ayant commis une faute envers son maître, se jette à ses pieds et lui dit en pleurant : "Moi, maître, je t'avoue que je suis digne de mille morts pour le tort que je t'ai fait et toi, tu as entièrement le droit de me punir. Cependant j'ai tout mon espoir dans ta grande bonté et ta compassion." 

Fais de même toi aussi avec Dieu. Et si tes péchés sont nombreux et grands, ne crains pas car tu as affaire à un Maître qui est riche en pitié et, aussi grand que soit ton malheur, sa Bonté sera toujours plus grande. Espère donc en sa Miséricorde et, d'un cœur humilié, dis : "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". Mais pour que tu sois mieux affermi et que tu espères avec davantage de foi, songe à l'aide immense que nous a gratifié l'Incarnation de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. Beaucoup de pères de notre Église conçoivent la grande Miséricorde de Dieu comme la venue du Messie, pour trois raisons principales : 

-1) parce que c'est le plus grand don que Dieu fit aux hommes. 

-2) parce que les prophètes avec ce nom de miséricorde demandèrent à Dieu la venue du Messie sur la terre : "Montre-nous, Seigneur, ta Miséricorde et donne-nous ton salut". 

-3) parce que Dieu promit au prophète David que c'est de sa descendance que le Messie devait naître. Par conséquent, il est certain que le prophète David demandait le pardon de ses péchés par la Grâce du Messie. 

Avec combien plus de certitude pouvons-nous espérer, nous aujourd'hui, après la venue du Messie, après qu'Il a racheté le pardon de nos péchés avec son Sang très saint ? 

En effet, la promesse fut bien donnée à David et aux ancêtres, mais nous, nous avons connu son accomplissement. Et si le Sauveur leur apparut par l'esprit, à nous Il apparaît visiblement chaque jour aux divines liturgies. Donc puisque le Sauveur est venu, nous a rachetés avec sa Mort et a accompli pour nous sa Justice divine, comment est-il possible que son Père céleste ne nous donne pas sa Miséricorde ? Quand en plus nous la Lui demandons par notre Sauveur Jésus Christ et par la très sainte Enfantrice de Dieu Marie, sa Mère qui, en plus de ses autres noms est appelée Mère de la Grâce et de la Miséricorde. Nous apprenons ainsi nous aussi les pécheurs que, si nous voulons recevoir à nouveau la Grâce de Dieu et obtenir le pardon de nos péchés, nous n'avons pas de moyen plus sûr que l'intercession de l'Enfantrice de Dieu. 

Toi aussi, donc, lecteur, si tu désires obtenir la rémission de tes péchés et la justification totale, accours vers la Miséricorde de Dieu le Père, vers Jésus Christ et l'intercession de la très sainte Enfantrice de Dieu et, à genoux dans ton esprit devant le Trône de Dieu, dis la prière suivante : Dieu très compatissant, si le péché est le plus grand malheur du monde, je suis donc l'homme le plus malheureux du monde, puisque je suis né avec le péché originel, auquel j'ai ajouté mes péchés volontaires. Toi, Seigneur tu le sais; et moi quand j'y songe, aussitôt d'amères larmes coulent de mes yeux et je soupire du fond de mon cœur. Car aussitôt que je commençai à comprendre le bien, je me suis livré au mal. Pendant que je grandissais en âge, je grandissais cependant bien plus en malice; je suis passé des péchés pardonnables à ceux qui sont mortels et me vautrant de plus en plus dans le mal, je suis parvenu à la fin à un abîme de malheurs, sans jamais me repentir ni demander ton Aide pour en être délivré. Mais aveuglé par les pièges du diable, incité par le mauvais exemple des autres et vaincu par mes passions, je ne songeais pas, le malheureux, à mon châtiment et je ne sentais même pas mon si grand malheur. Je passais ainsi mes journées, hélas, dans les bras du péché, riant et jouant et j'étais éloigné de Toi. Cependant, maintenant que Tu m'as accordé un rayon de lumière, je connais et je pleure mon aveuglement et, dans l'abîme du malheur, je demande l'abîme de ta Miséricorde. "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". Je ne demande pas cette Miséricorde commune, qui est donnée à chaque pécheur, car à une plaie grande comme la mienne, il faut un grand remède pour la guérir. À un malheur extrême comme le mien, il faut une grande Miséricorde. Je reconnais en vérité que je ne suis pas digne de la grande Miséricorde, car celui qui désire son mal et devient volontairement malheureux n'est pas digne de Miséricorde. 

Cependant je sais que plus mon malheur est grand, plus ta Miséricorde est grande. C'est pourquoi, je Te supplie, répands sur moi pécheur ta Miséricorde habituelle et adoucis ta Colère; pardonne tous mes péchés et souviens Toi que ta Miséricorde est tellement infinie que, si je n'avais pas mon espoir en elle, je serais perdu, car je désespérerais, disant avec Caïn : "Trop grande est ma faute pour m'être pardonné." (Gen 4,13). Mais que jamais je ne tombe dans le désespoir! Je sais très bien que ta Miséricorde n'a pas de mesure ni de fin. Je n'espère qu'en elle et je m'y accroche. Je n'ai aucune vertu qui me rende digne de ta Miséricorde, mais j'ai ma confiance dans l'économie de l'Incarnation de ton Fils très doux et mon Dieu, qui m'a racheté avec sa Mort. Ô Père céleste, fais-moi miséricorde et donne-moi le pardon de mes péchés. Tourne tes Regards sur l'intercession de la très sainte Enfantrice de Dieu et pardonne mes péchés. Tourne tes regards sur l'intercession de la très sainte Enfantrice de Dieu et délivre-moi de ce grand malheur et du poids de mes iniquités pour que je sois digne de venir au Ciel et chanter et glorifier ta grande et riche Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen.


MGR EUGENE BOULGARIS (OU VOULGARIS)