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dimanche 6 juin 2021

MÉTROPOLITE NÉOPHYTOS DE MORPHOU: LE POUVOIR DU PSAUTIER

 




 2 JUIN 2021

Ce billet est la seconde partie d'une conférence donnée par le Métropolite de Morphou. 

Les Psaumes du prophète David – le Psautier sacré – sont une arme séculaire, un remède efficace contre la peur, la terreur et les forces démoniaques.

Un saint ascète de notre temps, le staretz Théodore le troglodyte d'Agiofarango, en Crète (†2016), nous a laissé à nous, chrétiens orthodoxes contemporains, qui limitent généralement notre spiritualité aux homélies, aux événements miraculeux, aux prophéties, au piétisme et à l'attachement aux anciens, la confidence sacrée qui suit:


"Si vous me demandiez de vous dire ce que j'ai appris après tant d'années dans le désert, je vous répondrais simplement ceci : le pouvoir du Psautier. Si je devais recommencer ma vie, j'aurais du mal à faire une chose : mémoriser le Psautier. C'est le sein de la prière noétique. C'est le sol fertile où pousse la semence de la prière. Il flagelle les démons. Alors que je lisais le Psautier pendant mes vigiles, un démon est venu, rugissant comme un sanglier à mon oreille, surtout quand j'ai dit le verset : « Que Dieu se lève et que ses ennemis soient dispersés, et que ceux qui le haïssent fuient devant lui.." ( Ps 68:1 (67 LXX)) et le verset qui dit: "...car tu es mon Seigneur et mon Dieu". 1 Il était en colère, il m'a pris à la gorge et m'a étouffé. Il a essayé de brouiller mes mots pour que je ne le dise pas."

Et le grand prophète contemporain de la nation [grecque], Saint Paisios l'Hagiorite , nous révèle son expérience similaire avec la puissance et le bienfait du Psautier :

« Que de consolations je trouve auprès du Psautier ! Cette heure et demie où je lis le Psautier, je la vois comme l'aide la plus positive au monde… Le Psautier est divinement inspiré, il a été écrit par une illumination divine, c'est pourquoi il est si puissant, si profond dans son sens… Avec le Psautier, j'ai envie de me réjouir..."

« Je martelais le diable avec un canon. Pendant la journée, je le martelais avec le Psautier, la nuit avec la prière.

Un grand nombre de croyants ont répondu à notre appel – l'appel de la grâce de Dieu – à lire les Psaumes quotidiennement, comme nous l'avons dit précédemment pour la guérison, pour être fortifiés spirituellement, pour protéger le monde des forces démoniaques. En même temps, cependant, les fidèles, en priant à partir du texte original des Psaumes de David, apprennent le beau grec ecclésiastique. Et ce grec est la langue de l'Évangile et de la théologie de nos saints Pères.

A l'heure où le Nouvel Ordre Mondial nous attaque si ouvertement, reprenons l'arme de David, ses Psaumes, aimant le vainqueur de la mort, notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ.

« Mon âme a soif de toi, comme ma chair te désire comme une terre déserte, vierge et sans eau. » ( Ps. 63:1 (62 LXX)
« Συ ει Κύριος και Θεός μου » Les traducteurs n'ont pas pu trouver cette formulation exacte dans le psautier grec, bien que cette expression se retrouve partout. Nous croyons que le staretz cite le Psaume 142 (143), verset 10 : « Apprends-moi à faire ta volonté, car tu es mon Dieu (ὅτι σὺ εἶ ὁ Θεός μου) ».

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 10 janvier 2021

Père Patrick Henry Reardon: Le Psaume 8

 

(Version française du Psautier des Septante de Père Placide Deseille de bienheureuse mémoire)

Depuis les toutes premières traductions du Credo dans la langue anglaise, le mystère de l'Incarnation fut exprimé d'une manière assez déroutante, même si notre longue familiarité avec les mots a réduit notre sens de leur énigme grammaticale. Nous disons du Fils de Dieu qu'Il «est devenu [ou a été fait]] homme».

Le puzzle posé par cette construction est exactement comment classer le prédicat nominatif «homme» dans ce cas. Le sens de l'expression « un homme » , autant que nous pourrions dire que « Fred est devenu un agriculteur »? Mais si oui, pourquoi les traducteurs n'ont-ils pas simplement dit cela? «Il est devenu un homme» n'aurait pas seulement un sens; ce serait à la fois grammaticalement et théologiquement correct.

Ou le sens de l'expression est-il simplement descriptif - «il est devenu humain», comme on pourrait dire «Fred est devenu agraire»? Là encore, les traducteurs auraient facilement pu dire ceci, si c'est ce qu'ils voulaient dire, car le Fils de Dieu est très certainement devenu humain.

Non, aucune de ces traductions n'a été jugée adéquate. Rendant très littéralement à partir du latin sous-jacent (et pas directement du grec original, d'ailleurs), les traducteurs ont dit qu'il «est devenu homme», nous laissant avec ce puzzle stylistique. On ne peut guère penser à une occasion, après tout, dans laquelle on pourrait dire à juste titre «Fred est devenu fermier».

Ce que les traducteurs nous ont donné ici est un idiome, c'est-à-dire une forme d'expression propre à un cadre particulier et se situant en dehors de l'usage attendu. À la réflexion, leur recours à l'idiome dans ce cas n'est guère surprenant, car l'événement en discussion, l'Incarnation, est lui-même «idiomatique» à l'extrême, en ce sens qu'il est complètement unique, totalement inattendu et se détache des schémas normaux de consentement. Comment mieux, après tout, parler d'un événement incomparable et sans pareil que de recourir à une improvisation idiosyncratique?

Le Fils de Dieu n'est pas seulement «devenu humain», bien qu'il soit vrai qu'il l'a fait. Il n'est pas non plus simplement «devenu un homme», bien que cela soit également une déclaration correcte du fait. Il «est devenu homme», plutôt, dans un sens défiant la précision grammaticale aussi complètement que cela confond aussi les attentes de la biologie, de la psychologie, de la métaphysique et d'autres aspects de l'entreprise humaine, par conséquent [laissé] choquée et ébranlée, toutes ses ressources tant vantées sont épuisées et surchargé à l'infusion d'une gloire indicible.

La formulation la plus correcte de l'Incarnation est celle à laquelle nous sommes habitués: «Il s'est fait homme». Le Christ est l'archétype de l'homme, portant toute l'humanité en Lui-même. «C'est pour l'homme nouveau que la nature humaine a été établie dès le début», a écrit saint Nicolas Cabasilas; «L'ancien Adam n'était pas le modèle du nouveau, c'était le nouvel Adam qui était le modèle de l'ancien.»

Les sages traducteurs anglais du Credo prenaient ici leur cure du Psaume 8: «Qu'est-ce que l'homme ('enosh ) dont Tu te souviens ? Ou le fils de l'homme ( Adam ) pour que tu prennes soin de lui? Selon Hébreux 2, qui est notre plus ancien commentaire chrétien sur le psaume 8, le mot «homme» dans ce texte se réfère au Christ notre Seigneur, et le psaume tout entier est une description de son œuvre salvifique.

Par l'Incarnation, notre psaume dit à Dieu: «Tu l'as fait un peu plus bas que les anges, et tu l'as couronné d'honneur et de gloire», expliquant ce dont le texte d'Hébreux répond que «nous voyons Jésus, qui est inférieur aux anges, par la souffrance de la mort couronnée de gloire et d'honneur. (2: 9)

Lorsque Dieu donna à notre ancêtre Adam la domination sur la terre et sa plénitude, cet acte était une prophétie de la soumission universelle de la création au règne de Christ. Telle est la vraie signification du psaume 8. «Tu l'as fait dominer les œuvres de Tes mains; Tu as tout mis sous Ses pieds.

Le Christ n'est pas pensé après coup; Il est le sens originel de l'humanité. Le Christ est ce que Dieu avait à l'esprit lorsqu'Il s'est penché et a transformé ce premier morceau de boue en un homme. Toujours selon les paroles de Nicolas Cabasilas: «C'est vers le Christ que l'esprit et le désir de l'homme étaient orientés. On nous a donné un esprit afin que nous puissions connaître le Christ, et Le désirer, afin que nous puissions courir vers Lui; et la mémoire, afin que nous puissions nous souvenir de Lui, car même au moment de la création, c'était Lui qui était l'archétype.

Le mystère de l'Incarnation est le thème du Psaume 8. Le Christ est la raison de notre chant: «O Seigneur, notre Seigneur, que ton nom est sublime sur toute la terre, car Tu as mis Ta gloire au-dessus des cieux.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Patrick Henry Reardon, Christ din the Psalms 

(Ben Lomond, CA: 2000), 

Conciliar Press, p. 15f.

vendredi 22 mai 2020

Métropolite Antoine (Pakanitch) de Boryspol et Brovary: POURQUOI LE 26ème PSAUME EST-IL LU EN TEMPS DE DANGER ET DE PERSÉCUTION ? QUELLE EST SA PUISSANCE ? COMMENT DOIT-IL ÊTRE LU ?


Le psaume XXVI a été écrit par David alors qu'il était persécuté par Saül avant son onction comme roi d'Israël par le prophète Samuel.

Ce fut une période incroyablement difficile dans la vie de David, lorsque tout le monde lui tourna le dos et l'abandonna.

L'idée principale, le cœur du psaume, est la glorification du Créateur, qui défend et protège du mal tous ceux qui croient en Lui.

L'Éternel est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je peur ? L'Éternel est la force de ma vie ; de qui aurais-je peur ? (Psaume 26:1).

Appartenir au Seigneur, tel est notre but éternel. Cela signifie mettre toute votre confiance en Lui, tirer votre force uniquement de Sa force et de Son amour, et être fidèle et loyal envers Lui jusqu'au bout, et Il nous récompensera au centuple.

Quand les méchants, même mes ennemis et mes adversaires, sont venus sur moi pour manger ma chair, ils ont trébuché et sont tombés. Si une armée campait contre moi, mon coeur ne craindrait pas ; si une guerre s'élevait contre moi, je serais confiant en cette volonté (Psaume 26:2-3).

Si nous nous réjouissons de la communion avec Dieu, comme les plantes le font avec le soleil, si nous sommes heureux quand Il est proche et que nous Le désirons plus que tout autre être, c'est un signe certain que nous sommes ceux qu'Il protège comme siens.

J'ai désiré une chose de l'Eternel, que je cherche, c'est d'habiter dans la maison de l'Eternel tous les jours de ma vie, pour contempler la beauté de l'Eternel et pour m'informer dans Son temple (Psaume 26, 4).

Les épreuves sont salvatrices. Elles changent un homme et sa vie. Alors que les ténèbres s'épaississent, la lumière salvatrice augmente sa clarté dans la même mesure.

Écoute, Seigneur, quand je crie de ma voix : aie pitié de moi et réponds-moi. Quand tu disais : Cherche ma face, mon coeur te disait : Ta face, Seigneur, je la chercherai. Ne cache pas ta face loin de moi, ne repousse pas ton serviteur dans la colère ; tu as été mon secours, ne me laisse pas et ne m'abandonne pas, Dieu de mon salut (Psaume 26, 7-9).

Les Psaumes sont une eau qui donne la vie, une nourriture fortifiante pour l'âme ; nous en avons besoin comme un voyageur a besoin de la force de la nourriture et de l'eau.

Les Psaumes sont notre alliance avec Dieu, l'alliance de notre unité avec Lui. Si nous sommes avec le Seigneur, nous ne devons rien craindre. Il nous protégera, nous fortifiera et nous réconfortera.

Dieu est notre seul soutien, notre seule forteresse et notre seule bannière.


***

En lisant les Psaumes, nous ne devons pas chercher à ressentir des sentiments particuliers ou à nous enivrer. Nous ne devons pas laisser libre cours à nos sentiments, car ils sont trompeurs et fugaces : Nous pouvons être influencés par une conversation récente avec quelqu'un, un film que nous avons regardé, un livre que nous avons lu, par le temps ou par notre condition physique.

Nous devons plonger dans la prière plus profondément que nos sentiments. Que notre volonté, à travers l'effort, la maladresse, la gaucherie, la résistance et la perplexité, nous conduise consciemment à la communion avec Dieu.

"Dieu nous parle parfois de manière très confidentielle lorsqu'il nous prend au dépourvu" (C. S. Lewis).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 10 novembre 2019

LA PRIÈRE MONASTIQUE DES PSAUMES A SAUVÉ LES SURVIVANTS D'UN NAUFRAGE PRÈS DE LA CÔTE INDIENNE


Cette histoire a été racontée par l'higoumène Théodosie (Dyatchkova). Mère Supérieure du Couvent de la Nativité du Christ dans le diocèse de Vyatka.


"Récemment, raconte l'higoumène Théodosie, une femme m'a exprimé ses remerciements. "La paroissienne m'a dit qu'il n'y a pas si longtemps, en octobre, juste avant que ses enfants ne partent en vacances, elle a demandé la lecture du Psautier avec la mention de leurs noms, afin que les moniales du couvent puissent prier quotidiennement pour ses enfants. 

Ses enfants et ses petits-enfants - quatre personnes en tout - se trouvaient à bord même du navire qui a subi un naufrage près de la côte indienne, mais par miracle, ils ont survécu et n'ont pas été blessés du tout. La femme a ainsi expérimenté elle-même l'effet de la prière monastique et la puissance de la lecture perpétuelle du Psautier."

Le 28 octobre, un navire touristique a fait naufrage près de la côte indienne, rappelle le site web du diocèse de Vyatka.

Trois des dix passagers russes qui ont affrété le navire sont morts. Parmi les naufragés qui ont miraculeusement survécu se trouvaient les enfants et petits-enfants adultes (tous sains et saufs !) de la paroissienne du couvent de la Nativité du Christ (dans la ville de Slobodskoy, région de Kirov) qui, avant le début des vacances de ses proches, avait fait en sorte que "la lecture perpétuelle du Psautier soit dite pour leur santé".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
et

mardi 29 octobre 2019

Comment prier les Psaumes


L'Orthodoxie a beaucoup de prières standard qui peuvent être utilisées par les fidèles quand nous prions à la maison et à l'église. Ces prières standard comprennent les Psaumes, le "Livre de prières" de Dieu. Les Psaumes nous enseignent comment, quoi et quand prier. Lorsque nous les récitons dans la prière et avec foi, Dieu parle et nous éclaire selon nos besoins et nos circonstances individuelles. De plus, les Psaumes deviennent peu à peu partie intégrante de notre propre vie quotidienne lorsqu'ils sont dans notre mémoire par une répétition constante, et qu'ils sont étudiés dans leur contexte avec le reste de la Bible à l'aide des commentaires des Pères de l'Église.

Pour un chrétien orthodoxe, cependant, le danger est de ne pas laisser la lecture quotidienne des Psaumes devenir quelque chose d'impersonnel qui nous empêche d'établir une véritable relation avec Dieu. Au contraire, la lecture quotidienne des Psaumes devrait servir de tremplin à une vie de prière incessante où nous sommes complètement immergés en Christ.

Selon saint Athanase le Grand, la prière des Psaumes nous engage dans une rencontre et une conversation continues avec notre Seigneur Jésus Christ. Nous nous trouvons constamment en train d'invoquer Son "Nom grand et impressionnant " ou de demander que la lumière de Sa Face brille sur nous (Psaume 67:1). Nous nous trouvons régulièrement en train de nous joindre à Ses prières offertes "au nom de l'humanité" ou de faire nos propres appels à Sa miséricorde, à Son salut ou à Sa délivrance.

Les Psaumes peuvent aussi être vus sous l'angle christologique, c'est-à-dire en voyant dans les Psaumes des références claires à Jésus Christ. Par exemple, le Psaume 22 est un signe avant-coureur de la Passion et, par conséquent, les paroles "Protège-moi, Seigneur, car j'espérais en toi", constituent une prière du Christ Lui-même au Père.

La prière des Psaumes doit se faire en réalisant que nous nous tenons devant Dieu et que nous sommes en Sa présence même. Bien qu'il ne semble pas que nous priions ou demandions quoi que ce soit au Seigneur, en fait nous le faisons. L'acte de se tenir en Sa présence et de lire Sa Parole est la prière elle-même.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 31 août 2019

Clément Marot: Psaume L (50)

Clément Marot
(1496-1544)

***


1. Miséricorde et grâce, ô Dieu des cieux!

Un grand pécheur implore ta clémence;
Use en ce jour de ta douceur immense
Pour effacer mes crimes odieux.
 Ô Seigneur, lave et relave avec soin,
De mon péché la tache si profonde;
Répands sur moi dans ce pressant besoin
Toute la grâce où mon espoir se fonde.



2. Mon cœur, rempli de tristesse et d’effroi,
Connaît sa faute et sent qu’elle est énorme;
Mon crime, hélas! sous sa plus laide forme,
Me suit partout, et partout je le vois.
J’ai contre toi commis ce grand forfait;
C’est à toi seul à punir mon offense;
Tu peux le faire, et quand tu l’auras fait,
Tu paraîtras juste dans ta vengeance.



3. Je le sais trop, et je l’ai toujours su, 
J’étais souillé, même avant que de naître;
Hélas! Seigneur, j’ai commencé de l’être
Dès qu’en son sein ma mère m’a conçu;
Mais toi, grand Dieu, qui n’es que sainteté,
Tu veux des cœurs où règne l’innocence;
Et tu m’avais, par ta grande bonté,
De tes secrets donné la connaissance.



4. Avec l’hysope arrose-moi, Seigneur;
Lave mon âme, efface sa souillure;
Tu te plairas à la voir ainsi pure,
Et l’emporter sur la neige en blancheur.
Je sens mes os brisés par ton courroux;
Parle de paix à mon cœur qui t’en prie;
Je suis guéri, Seigneur, si tu m’absous,
Et ton salut va me rendre la vie.



PAUSE




5. N’arrête plus tes yeux sur mes forfaits,
Ils ne pourraient qu’enflammer ta colère;
Oublie, ô Dieu, pour finir ma misère,
Ce crime atroce, et tous ceux que j’ai faits.
Daigne, Seigneur, daigne créer en moi
Un esprit pur, un cœur brûlant de zèle;
Pour ranimer et raffermir ma foi,
Que ton Esprit en moi se renouvelle.



6. Trop loin de toi je me vois reculé;
Guéris les maux qui font que je soupire.
Que ton Esprit jamais ne se retire,
Quand tu l’auras en moi renouvelé.
Mon Dieu, rends-moi ta consolation,
Elle peut seule adoucir ma tristesse;
Que ton Esprit, dans cette affliction,
Par sa vertu soutienne ma faiblesse.



7. Alors, Seigneur, rentré dans tes sentiers,
Aux égarés je les ferai reprendre;
À mon exemple, on les verra s’y rendre,
Et revenir à toi plus volontiers.
Dieu mon Sauveur, tout-puissant et tout bon,
Le sang versé te demande vengeance;
Mais si de toi j’en obtiens le pardon,
Je publierai ta grâce et ta clémence.



8. Ouvre, Seigneur, mes lèvres désormais,
Que mes frayeurs ont si longtemps fermées;
Et par mes chants tes louanges semées
Vont en tous lieux retentir à jamais.
Si tu voulais que, pour de tels péchés,
En holocauste on t’offrit des victimes,
J’en eusse offert; mais des cœurs si tachés
Le sang des boucs n’efface pas les crimes.



9. Le sacrifice agréable à tes yeux,
C’est le regret d’une âme pénitente;
Un cœur brisé d’une douleur pressante;
Celui-là seul, grand Dieu, t’est précieux.
Témoigne encore à Sion ta bonté;
Protège, ô Dieu, conserve et fortifie
Jérusalem, ta fidèle cité;
Hausse ses murs et ses tours r’édifie.



10. Alors, Seigneur, nos cœurs mieux disposés
Seront pour toi d’agréables offrandes,
Et les taureaux, comme tu le commandes,
Sur ton autel par nous seront posés.

(1729)

samedi 24 août 2019

Père Lazare Moore:L'Effet des psaumes

Psautier du temps d'Ivan le Terrible

Les gens parlent de maisons hantées. Le Psautier est une maison de prière hantée par l'Esprit du Christ qui a inspiré les Psaumes. Utilisés à bon escient, ils ne peuvent que nous élever au-dessus de nous-mêmes. Ils nous confrontent à Dieu et nous nous trouvons hantés par Sa présence et progressivement confrontés à Lui. 

Ils amènent nos cœurs et nos esprits dans la présence du Dieu vivant. Ils remplissent nos esprits de Sa vérité afin de nous unir à Son amour. Les saints et les Pères de l'Église, tout comme les patriarches et les prophètes d'Israël, étaient hantés par la réalité vivante du Rédempteur révélée au monde dans le psautier. 

Il est la Parole de Dieu cachée dans ces paroles de Dieu. Tandis que vous persévérez dans la prière des Psaumes, vous serez imprégnés du Saint-Esprit comme les arbres sont trempés par la pluie (Ps 103:16), vous serez ravis en Dieu et pénétrés de temps en temps par des intuitions vivantes de son action, votre esprit et votre cœur seront purifiés. 

Les cœurs purs connaissent Dieu comme le Père des miséricordes Qui a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique pour leur rédemption (Jean 3:16), et ils Le voient faire toutes choses nouvelles (Apoc. 21:5). 

Ils Le voient et Le connaissent non seulement par la foi, encore moins par la spéculation, mais par une expérience intérieure et incommunicable. 

Alors que nous chantons Sa gloire, nous sommes conduits par la foi à voir Sa vaste activité dans tous les aspects de la vie. 

En contemplant la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en sa ressemblance de gloire en gloire par l'Esprit de Dieu (2 Cor. 3:18). Mais cela n'arrivera que si nous voyons Christ comme le chemin, la vérité et la vie des Psaumes (Jean 14:6), le grand Dieu dans lequel nous vivons et nous nous mouvons et avons notre être (Ac 17:28). 

Alors que nous persévérons dans la recherche de Sa face, nous découvrons que les Psaumes éveillent en nous la volonté de croire et la volonté d'aimer. 

Par la foi et l'amour, nous entrons dans le royaume de la réalité éternelle, et de nouvelles perspectives d'expérience s'ouvrent devant nous (Jean 5.24).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


lundi 29 juillet 2019

MGR BOULGARIS: EXPLICATION DU PSAUME 50



Verset 1 

Dans ce verset, le roi David connaissant le grand malheur que lui a procuré le péché, demande à Dieu sa grande Miséricorde. 

"Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". 

Au début de ce psaume, le prophète David demande à Dieu de le prendre en pitié selon sa grande Miséricorde. Par là, il montre qu'il se trouve dans un malheur pitoyable. En effet, la Miséricorde de Dieu n'est demandée que par le malheureux et c'est donc celui qui se trouve dans un grand malheur qui demande la pitié, comme le dit aussi le vénérable Augustin : "celui qui demande la pitié confesse un grand malheur".

Et ce grand malheur n'est rien d'autre que le péché; en effet, tous les autres malheurs du monde, comparés au péché, ne sont des malheurs que par le nom, puisque ces malheurs ne nous privent d'aucun bien véritable sinon de ceux qui sont temporels et apparents et qui disparaissent tous avec la mort. 

Le péché est le seul grand et vrai malheur, car il nous prive de Dieu qui est le Bien véritable, parfait et éternel. C'est pourquoi aussi le prophète David, bien qu'il s'adresse à Dieu dans ce psaume, n'ose pas L'appeler son Dieu puisqu'à cause de son péché, il a été privé de Lui. Un certain homme vertueux disait : "Moi je n'ose pas T'appeler mon Dieu car je T'ai perdu à cause de mes péchés. Qu'ils T'appellent leur Dieu les innocents et les justes, mais moi le pécheur je dis seulement : 'Ô Dieu, prends pitié de moi'." 

Oh, quel grand malheur pour une âme misérable que de s'éloigner de Dieu et de Le perdre ! Cesser d'appartenir à Dieu et que Dieu ne soit plus à elle ! Mais nous, nous ne ressentons que très peu cette calamité, et c'est ce qui rend notre malheur excessif. En effet, si nous sommes privés de notre santé, si nous n'avons pas gain de cause dans un tribunal, si un de nos enfants meurt ou si nous perdons l'amitié d'un homme important, nous ne pouvons nous consoler, ni ne savons comment donner fin à notre affliction. Mais si nous perdons Dieu, ses Charismes, son Amitié, ses Mystères, cela ne nous afflige aucunement et ne nous cause même pas de larmes. Alors que les malheurs de ce monde nous bouleversent outre mesure, le péché, lui, ne nous embarrasse aucunement malgré le fait qu'il est non seulement cause mais aussi mère de tous les malheurs, comme le dit aussi un sage : "Ce qui rend l'homme malheureux n'est rien d'autre que le péché". Cette indifférence que nous avons pour le péché ne vient que de l'aveuglement de notre esprit. 

C'est dans cet aveuglement que se trouvait aussi le prophète David quand il avait Betsabée sous son pouvoir, quand il ôta la vie à Urie, quand il croyait qu'il était très heureux et quand il était assis sur son trône royal avec grande joie et confort. Mais quand Dieu, à travers le prophète Nathan, lui versa une goutte de la lumière de sa Grâce, alors il comprit aussitôt ses péchés et il reconnut et confessa son grand malheur. C'est pourquoi il se mit immédiatement à demander à Dieu sa grande Miséricorde : "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". 

Ah ! Combien d'entre nous, puisque nous sommes en bonne santé, riches et dans la gloire, nous nous délassons et nous réjouissons ? Mais quel est le profit, frères, d'un tel bonheur mondain, quand notre âme est malheureuse, puisque remplie de péchés? Nous lisons dans l'Apocalypse que le hiérarque de Laodicée croyait qu'il était riche et heureux; mais Dieu lui révéla, à travers saint Jean le Théologien, qu'il était pauvre, nu et aveugle : "...tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et ... tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu..." (Ap 3,17). 
Si ce hiérarque se trouvait dans cette condition misérable, alors qu'il ne menait pas une vie aussi mauvaise que la nôtre, que doit penser de lui-même chaque pécheur ? Quel est le degré de son malheur, de sa nudité et de son aveuglement ? Donc, mes frères les chrétiens, suppliez Dieu en larmes qu'il verse dans votre cœur un rayon de lumière, pour connaître votre état misérable et déplorable et pour apprendre que, dans ce monde, personne n'est véritablement malheureux sinon le pécheur. 

C'est pourquoi aussi, dès qu'il eut reconnu la calamité que lui procurèrent l'adultère et le meurtre qu'il commit, le prophète David ne pensa à aucun autre moyen pour être sauvé de l'enfer éternel, sinon de revenir à Dieu et de Lui demander sa grande Miséricorde. La Miséricorde de Dieu est un des Charismes divins qui sont infinis et au-dessus de tout chiffre. C'est pourquoi elle n'augmente ni ne diminue et par conséquent ne peut s'appeler grande ou petite. Humainement, on l'appelle grande et petite selon les péchés pardonnables ou mortels qu'Il nous pardonne. En effet, celui qui a péché par ignorance n'a pas besoin d'une aussi grande pitié, comme le dit le vénérable Augustin : "Que ceux qui ont péché par ignorance demandent aussi une petite pitié". 

Mais celui qui a péché par connaissance et avec une ferme décision a besoin aussi d'une grande pitié pour être pardonné, comme le prophète David qui avait prémédité ses péchés et les a commis avec toute sa méchanceté. En effet, c'est avec malice qu'il amena Bethsabée à accomplir son désir, et c'est avec fourberie qu'il tua Urie, en lui donnant les lettres qui contenaient l'ordre de sa mort, pour qu'il les portât à Joab. C'est pourquoi il demanda à Dieu sa grande Miséricorde, car ses péchés étaient plus grands. Donc toi aussi, lecteur, recherche dans ton esprit tes péchés et si tu les trouves grands et remplis d'une méchanceté infinie, tu as besoin toi aussi de son immense Miséricorde. 

Pour cela, supplie Dieu d'un cœur contrit de te verser sa Miséricorde, en lui disant : "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". Pour attirer la Miséricorde de Dieu, le prophète David aurait pu présenter tous lesbiens qu'il avait accomplis, c'est-à-dire le culte et les sacrifices qu'il offrait à Dieu, les grands honneurs qu'il Lui avait fait avec l'arche, la compassion qu'il montrait envers ses ennemis, et d'autres bonnes œuvres semblables qu'il avait exercées. Mais il savait très bien qu'à partir de cet instant misérable où il décida de pécher, toutes ses bonnes œuvres tombèrent dans un gouffre déplorable et il ne lui restait plus rien. "De toutes les œuvres de justice qu'il accomplit, je ne me souviens pas", dit le Seigneur à travers le prophète Ezéchiel. 

N'ayant donc aucun espoir dans ses bonnes œuvres, qu'il avait accompli jusqu'alors, David accourut à Dieu ayant tout son espoir en sa grande Miséricorde. Il agit comme ce serviteur qui, ayant commis une faute envers son maître, se jette à ses pieds et lui dit en pleurant : "Moi, maître, je t'avoue que je suis digne de mille morts pour le tort que je t'ai fait et toi, tu as entièrement le droit de me punir. Cependant j'ai tout mon espoir dans ta grande bonté et ta compassion." 

Fais de même toi aussi avec Dieu. Et si tes péchés sont nombreux et grands, ne crains pas car tu as affaire à un Maître qui est riche en pitié et, aussi grand que soit ton malheur, sa Bonté sera toujours plus grande. Espère donc en sa Miséricorde et, d'un cœur humilié, dis : "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". Mais pour que tu sois mieux affermi et que tu espères avec davantage de foi, songe à l'aide immense que nous a gratifié l'Incarnation de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ. Beaucoup de pères de notre Église conçoivent la grande Miséricorde de Dieu comme la venue du Messie, pour trois raisons principales : 

-1) parce que c'est le plus grand don que Dieu fit aux hommes. 

-2) parce que les prophètes avec ce nom de miséricorde demandèrent à Dieu la venue du Messie sur la terre : "Montre-nous, Seigneur, ta Miséricorde et donne-nous ton salut". 

-3) parce que Dieu promit au prophète David que c'est de sa descendance que le Messie devait naître. Par conséquent, il est certain que le prophète David demandait le pardon de ses péchés par la Grâce du Messie. 

Avec combien plus de certitude pouvons-nous espérer, nous aujourd'hui, après la venue du Messie, après qu'Il a racheté le pardon de nos péchés avec son Sang très saint ? 

En effet, la promesse fut bien donnée à David et aux ancêtres, mais nous, nous avons connu son accomplissement. Et si le Sauveur leur apparut par l'esprit, à nous Il apparaît visiblement chaque jour aux divines liturgies. Donc puisque le Sauveur est venu, nous a rachetés avec sa Mort et a accompli pour nous sa Justice divine, comment est-il possible que son Père céleste ne nous donne pas sa Miséricorde ? Quand en plus nous la Lui demandons par notre Sauveur Jésus Christ et par la très sainte Enfantrice de Dieu Marie, sa Mère qui, en plus de ses autres noms est appelée Mère de la Grâce et de la Miséricorde. Nous apprenons ainsi nous aussi les pécheurs que, si nous voulons recevoir à nouveau la Grâce de Dieu et obtenir le pardon de nos péchés, nous n'avons pas de moyen plus sûr que l'intercession de l'Enfantrice de Dieu. 

Toi aussi, donc, lecteur, si tu désires obtenir la rémission de tes péchés et la justification totale, accours vers la Miséricorde de Dieu le Père, vers Jésus Christ et l'intercession de la très sainte Enfantrice de Dieu et, à genoux dans ton esprit devant le Trône de Dieu, dis la prière suivante : Dieu très compatissant, si le péché est le plus grand malheur du monde, je suis donc l'homme le plus malheureux du monde, puisque je suis né avec le péché originel, auquel j'ai ajouté mes péchés volontaires. Toi, Seigneur tu le sais; et moi quand j'y songe, aussitôt d'amères larmes coulent de mes yeux et je soupire du fond de mon cœur. Car aussitôt que je commençai à comprendre le bien, je me suis livré au mal. Pendant que je grandissais en âge, je grandissais cependant bien plus en malice; je suis passé des péchés pardonnables à ceux qui sont mortels et me vautrant de plus en plus dans le mal, je suis parvenu à la fin à un abîme de malheurs, sans jamais me repentir ni demander ton Aide pour en être délivré. Mais aveuglé par les pièges du diable, incité par le mauvais exemple des autres et vaincu par mes passions, je ne songeais pas, le malheureux, à mon châtiment et je ne sentais même pas mon si grand malheur. Je passais ainsi mes journées, hélas, dans les bras du péché, riant et jouant et j'étais éloigné de Toi. Cependant, maintenant que Tu m'as accordé un rayon de lumière, je connais et je pleure mon aveuglement et, dans l'abîme du malheur, je demande l'abîme de ta Miséricorde. "Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande Miséricorde". Je ne demande pas cette Miséricorde commune, qui est donnée à chaque pécheur, car à une plaie grande comme la mienne, il faut un grand remède pour la guérir. À un malheur extrême comme le mien, il faut une grande Miséricorde. Je reconnais en vérité que je ne suis pas digne de la grande Miséricorde, car celui qui désire son mal et devient volontairement malheureux n'est pas digne de Miséricorde. 

Cependant je sais que plus mon malheur est grand, plus ta Miséricorde est grande. C'est pourquoi, je Te supplie, répands sur moi pécheur ta Miséricorde habituelle et adoucis ta Colère; pardonne tous mes péchés et souviens Toi que ta Miséricorde est tellement infinie que, si je n'avais pas mon espoir en elle, je serais perdu, car je désespérerais, disant avec Caïn : "Trop grande est ma faute pour m'être pardonné." (Gen 4,13). Mais que jamais je ne tombe dans le désespoir! Je sais très bien que ta Miséricorde n'a pas de mesure ni de fin. Je n'espère qu'en elle et je m'y accroche. Je n'ai aucune vertu qui me rende digne de ta Miséricorde, mais j'ai ma confiance dans l'économie de l'Incarnation de ton Fils très doux et mon Dieu, qui m'a racheté avec sa Mort. Ô Père céleste, fais-moi miséricorde et donne-moi le pardon de mes péchés. Tourne tes Regards sur l'intercession de la très sainte Enfantrice de Dieu et pardonne mes péchés. Tourne tes regards sur l'intercession de la très sainte Enfantrice de Dieu et délivre-moi de ce grand malheur et du poids de mes iniquités pour que je sois digne de venir au Ciel et chanter et glorifier ta grande et riche Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen.


MGR EUGENE BOULGARIS (OU VOULGARIS)

lundi 27 mai 2019

Stravinsky: Symphonie des Psaumes

La Symphonie de Psaumes est une œuvre pour chœur et orchestre d'Igor Stravinsky écrite entre janvier et août 1930 puis révisée en 1948.


L'œuvre est commandée en 1929 par Serge Koussevitzky pour le 50e anniversaire de l'Orchestre symphonique de Boston1. Gabriel Paichadze, son éditeur, souhaite une pièce “populaire”mais Stravinsky donne à ce terme le sens “d’universellement admiré” et non la signification de “s’adapter à la compréhension populaire”. Par ailleurs, Stravinsky avait en tête une symphonie chorale sur les Psaumes depuis un certain temps3: il choisit d'écrire pour un ensemble choral et instrumental où les deux éléments sont à égalité. Pratiquant régulier depuis 1926 après des années d'indifférence à la religion orthodoxe, il choisit alors le populaire Laudate Dominum tant pour son universalité que pour sa thématique qui est la louange de Dieu par la musique.
La genèse est inversée: il commence la composition peu après Œdipus Rex, en janvier 1930 à Nice et achève le premier mouvement le 27 avril; il achève le second mouvement le 17 juillet et le premier le 15 août, jour de l'Assomption de Marie, dans sa résidence estivale à Écharvines, en Haute-Savoie, dans un état « d'ébullition religieuse et musicale ». La partition porte l'inscription suivante: « Cette symphonie composée à la gloire de DIEU est dédiée au Boston Symphony Orchestra à l'occasion du cinquantième anniversaire de son existence ».
La particularité de cette pièce est le jeu que fait Stravinsky envers les traditions. En effet, une symphonie est de nature profane (sans lien avec la religion) et le psaume appartient au domaine du sacré. Cette pièce est une nouveauté car elle brise les coutumes. La création a lieu à Bruxelles lors d'un Festival Stravinsky le , le chœur et l'orchestre de la Société Philharmonique étant dirigés par Ernest Ansermet7; elle est jouée six jours plus tard à Boston par ses commanditaires
La version de 1930 est publiée par Édition Russe de Musique et la version révisée de 1948 par Boosey & Hawkes.
Le chorégraphe Jiří Kylián adapte la Symphonie de Psaumes en ballet en 1978.

Structure[modifier | modifier le code]

L'œuvre comporte trois parties devant être jouées sans discontinuité et son exécution dure environ 22 minutes. La structure en trois mouvements est coutumière du musicien (Symphonie en trois mouvements, Symphonie en ut, concertos divers...) et s'oppose à la forme classique en quatre mouvements.
La présence d'une double fugue dans le deuxième mouvement est significative et fait référence à Bach.
  • Exaudi orationem meam (Psaume 38, versets 13 et 14)
  • Expectans expectavi Dominum (Psaume 40, versets 2 à 4)
  • Laudate Dominum (Psaume 150 en entier)
Le premier mouvement sert de prélude à la double fugue du second mouvement. Le troisième mouvement contraste par son expressivité.

lundi 15 avril 2019

LES SEPT PSAUMES DE LA PENITENCE



En Occident ces psaumes étaient récités 
pour la guérisons 
des maladies 
de l'âme 
et du corps:

Utiliser le Psautier des Septante!


Psaume VI (6)

Psaume XXXI (31)

Psaume XXXVII (37)

Psaume L (50)

Psaume CI (101)

Psaume CXXXIX (139)

Psaume CXLII (142)

*


Source BNF/ Très Riches Heures du Duc de Berry


mardi 9 avril 2019

Archevêque Anastase: Les Psaumes sont mon refuge!



Son Éminence l'archevêque Anastasios (Yannoulatos) est arrivé en Albanie en 1991, pour assumer des fonctions archi-pastorales dans ce pays appauvri qui, pendant la période communiste, avait été athée militant. Depuis cette date, sous sa direction et par sa prière, l'Eglise orthodoxe d'Albanie a fait l'expérience de ce qui a été proclamé à juste titre comme une "Résurrection" (Anastasis !).

Jim Forest, journaliste orthodoxe bien connu et dirigeant de l'Orthodox Peace Fellowship (OPF), a visité l'Église d'Albanie il y a quelques années et y a rencontré l'archevêque et de nombreuses autres personnes engagées dans divers types de mission. Le fruit de cette visite a été un remarquable petit livre, publié par le Conseil oecuménique des Eglises en 2002, intitulé La Résurrection de l'Eglise en Albanie. Voix des chrétiens orthodoxes. Jim a aimablement donné la permission de citer une partie des pensées de l'archevêque Anastasios sur la prière (pages 123 et suivantes). Ce sont des paroles vibrantes qui émanent d'une expérience vivante du Dieu d'amour, présent et agissant au milieu de l'agitation et de la souffrance du monde. Pourtant, leur simplicité et leur profondeur sont telles qu'elles offrent une direction à quiconque cherche, au milieu des activités quotidiennes, à communier avec la Trinité qui donne la vie.

"La prière résume un désir. Le problème, c'est que nous devenons très souvent égocentriques, manquant d'humilité. C'est pourquoi il est bon de prier : " Ô Seigneur, délivre-moi de moi-même et donne-moi à Toi-même " - un cri du cœur. C'est semblable à la prière : "Seigneur, je crois, s'il te plaît, aide mon incrédulité". Souvent, il est nécessaire de prier pour le pardon.

Plusieurs fois dans ma vie, il n'y a pas eu l'occasion de longues prières, seulement le temps d'entrer rapidement dans ce que j'appelle la " cabane de prière " - des prières très courtes que je connais par cœur ou de faire une demande très simple : " Montre-moi comment aimer " ! Ou, quand vous devez prendre une décision,'Seigneur, aide-moi à faire la bonne estimation et à porter le bon jugement, à faire la bonne action'. Puis il y a la prière très simple : "Que ta volonté soit faite. J'ai également appris, en Albanie, ce que signifie être un étranger, venir d'un pays que beaucoup considèrent avec suspicion. Cela, cependant, peut aider à devenir plus humble. Cela aide à prier avec plus d'intensité : "Utilise-moi selon ta volonté. Souvent, je prie : " Seigneur, éclaire-moi pour que je connaisse ta volonté, donne-moi l'humilité d'accepter ta volonté et la force de faire ta volonté ". Je reviens encore et encore à ces prières simples.

"Souvent, les psaumes sont mon refuge. Vous vous rendez compte que dans l'apparition spontanée de certaines phrases des psaumes, vous entendez Dieu vous parler. Peut-être récitez-vous le psaume : " Mon âme, pourquoi es-tu si triste... " Et puis une autre phrase des psaumes surgit qui est une réponse. C'est une ancienne tradition chrétienne qu'un évêque connaisse beaucoup de psaumes par cœur. Les psaumes offrent un refuge spirituel. Dans chaque situation il y a un psaume qui peut vous aider, dans ces moments critiques où vous n'avez pas de lieu de retraite.

Peut-être vous souvenez-vous de ces mots : "Si le Seigneur ne garde la maison, ceux qui la gardent travaillent en vain. On vous rappelle que vos propres efforts ne sont pas décisifs. Vous comprenez aussi que votre propre souffrance est un partage de la souffrance de Dieu. C'est un thème sur lequel saint Paul écrit parfois. Vous comprenez que la résurrection n'est pas après la croix, mais dans la croix."

Version française Claudse Lopez-Ginisty
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