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vendredi 7 décembre 2018

Psaume 118: DIx-huitième Octave


צ
Tsadé.Vue de profil. Différentes approches de la parole de Dieu.
La 18ème octave commence par la lettre Tsadé. Flanc ou côté. Voici des indications sur les différentes vues, aspects ou facettes des commandements. La relation avec les commandements est exprimée par une disposition spécifique, quatre de ces dispositions sont mentionnées ici : la Foi, la certitude que les commandements sont la vérité immuable (v. 137, 138), le zèle résultant d'une telle conviction ferme, le désir de l'accomplir, et l'amour des commandements (v. 139, 140), l'humilité avec l'espérance (v. 141, 142), l'acceptation des souffrances qui sont occasionnées par la fidélité aux commandements (v. 143, 144). Voici un programme complet : le pain de la vie spirituelle est arrosé de la sueur de son front.

Verset 137 : "Tu es juste, Seigneur, et ton jugement est droit."
Le Prophète exprime la certitude de la vérité des commandements. Il tire cette certitude de la méditation de la Justice de Dieu et de la compréhension de la nature des commandements eux-mêmes. De même qu'il est sûr que le Seigneur est juste, de même il est certain que les voies exprimées par les commandements sont droites et justes.

Verset 138 : "Tu as prescrit tes témoignages comme justice, et comme vérité absolue."
Extrêmement justes et vrais sont les commandements, car ils correspondent parfaitement à notre nature, aux circonstances de notre vie, et sur ceux qui les accomplissent, ils font descendre une profonde paix intérieure, ils leur donnent la force dans les temps d'épreuves, les sort d'une manière incompréhensible des situations inextricables, et les conduit à une éternité de béatitude.

Verset 139 : "Ton zèle m'a consumé parce que mes ennemis ont oublié tes paroles."
Le Prophète se désole pour ceux qui vivent dans l'iniquité et voyant qu'ils négligent la loi, il s'indigne. Tels étaient les sentiments d'Elie, de Phinéas, et d'Etienne; quant à nous, que ce zèle, ce feu nous consume.

Verset 140 : "Ta parole est passée par le feu, et ton serviteur l'a aimé."
La parole de Dieu acceptée par une personne, pénètre au plus profond, et comme le feu, elle vivifie ce qui est bon, et brûle ce qui est mauvais. Alors seulement les pensées, les élans pieux et les sentiments, habitent dans l'esprit. Se reconnaissant serviteur de Dieu, le croyant obéit à la parole de Dieu d'autant plus que la pleine vérité s'y trouve incarnée, aimante et agréable au cœur. Pour ceux qui craignent Dieu, le plaisir de la parole de Dieu n'est pas seulement contemplation: il est toujours accompagné par la conscience de la responsabilité que cela implique.

Verset 141 : "Je suis jeune et tenu pour rien ; je n'ai pas oublié tes jugements."
Le prophète et Roi David au faîte de sa gloire, respecté de tous, s'humilie devant le Seigneur. Il fut protégé par Dieu dans sa jeunesse, et plus tard quand il commença à s'élever ; il est conscient de tout ceci et témoigne que de ce que, seule la grâce de Dieu l'a conduit et affermi. Il reconnaît aussi que tout lui est arrivé par sa dévotion à la loi.

Verset 142 : "Ta justice est une justice éternelle, et ta loi est la vérité."
Le Prophète s'anime par l'espoir que marchant dans les chemins de la loi de Dieu, et respectant fidèlement la vérité de Dieu, il est dans la réalité et non dans l'illusion, et il voit la couronne avec laquelle sont couronnés au-delà des limites de cette vie, ceux qui sont fidèles à la loi de Dieu et à Sa vérité.

Verset 143 : "La tribulation et l'angoisse m'ont saisi, tes commandements sont ma méditation."
Illumination intérieure, ténèbres extérieures c'est le quatrième aspect de la fidélité aux commandements. Les tribulations et l'angoisse recouvrent comme une ténèbre le croyant fidèle aux commandements, pourtant ces commandements sont son réconfort. La providence de Dieu le veut ainsi, et très souvent cela est mieux pour lui.

Verset 144 : "Tes témoignages sont justes pour l'éternité ; donne-moi l'intelligence, et je vivrai."
Nous devons supporter avec un cœur serein tout ce qui nous arrive, n'étant concerné que par la voie des commandements, croyant que c'est la seule voie sûre. Les tribulations et les épreuves, essaient d'obscurcir la clarté d'une telle foi et c'est à nous de disperser ces ténèbres, et de restaurer la sérénité de notre foi en nous disant que les témoignages de Dieu sont vérité éternelle. 
Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 


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jeudi 6 décembre 2018

Psaiume 118: Dix-Septième Octave


פ


Phé. Bouche. Discours. Dieu parle, l'homme devrait écouter.
La 17ème octave est placée sous le signe de la lettre Phé. Bouche. La bouche de Dieu prononce des ordres et des commandements, la bouche de ceux qui craignent Dieu professe leur absolue soumission à Dieu, et le prie de les enseigner et de leur donner la force d'accomplir précisément tout ce que prononce sa bouche, exprimant la contrition et la repentance, s'ils viennent à y manquer. Les paroles de Dieu sont merveilleuses et attirent l'attention de l'âme (v. 125), la parole de Dieu rend plus sage et illumine (v. 130), la soif des commandements de Dieu attire sa grâce (v. 131), celui qui se dédie à Dieu se trouve sous la protection de Dieu (v. 132) et la crainte du Seigneur le protège et le guide dans toutes ses voies (v. 133) ; à l'heure de l'épreuve, elle lui donne la force de ne pas quitter le chemin de la vertu (v. 134), elle fait descendre sur lui la bienveillance de Dieu (v. 135) et lui confère le don des larmes pour ses péchés.

Verset 129 : "Admirables sont tes témoignages, c'est pourquoi mon âme les a scrutés."
La Sainte Ecriture enseigne comment vivre, et sa tâche est de préparer non pas des hommes savants, mais des hommes saints. Elle révèle à l'homme Dieu, ses créations, sa providence, et le plan du salut par le Christ, le Messie ; elle montre les chemins de la sainteté, et dans les merveilleux commandements des Béatitudes, dans le pardon des offenses et l'amour des ennemis, elle établit l'homme en paradis déjà sur cette terre, appelant tous à la suivre.

Verset 130 : "La manifestation de tes paroles illumine les petits enfants, et leur donne l'intelligence."
La parole procédant de la bouche de Dieu, est claire et effective, accessible même aux petits enfants, et encore plus accessible pour les adultes quand ils l'acceptent avec une simplicité d'enfant. La parole de Dieu illumine tout et éclaire tout. Illuminant, elle montre l'ordre et les règles de la vie, et rendant l'être sage, elle lui explique comment vivre et se conduire selon ces préceptes.

Verset 131 : "J'ai ouvert la bouche et j'ai attiré l'Esprit, parce que je désirais ardemment tes commandements. Les Pères théophores voient dans l'ouverture de la bouche, l'ouverture de l'intellect et du cœur exprimant la soif et l'esprit humain ; et dans l'attirance de l'Esprit, la soif et l'acceptation de l'Esprit de grâce confirmant et appuyant l'accomplissement des commandements qui sont aimés de tout cœur.

Verset 132 : "Regarde vers moi, et aie pitié de moi, selon ton décret envers ceux qui aiment ton Nom."
La continuité de la protection de Dieu et de sa bienveillance est désirée, parce que l'on reconnaît sa faiblesse et le danger toujours présent. La vie véritable dans l'esprit est confortée par une constante réciprocité entre Dieu et l'esprit, et l'esprit et Dieu. Un cœur dévoué à Dieu et le cherchant, le trouve et Il habite en lui. L'amour de Dieu est le suaire naturel de ceux qui l'aiment et sont aimés de Lui.

Verset 133 : "Conduis mes pas selon ta parole, et qu'aucune iniquité ne domine sur moi."
Beaucoup de choses semblent nécessaires et bonnes, et ne le sont pas. Elles introduisent la confusion, dérangent les pensées et les sentiments, et permettent de fortes attaques de l'ennemi. Le péché ne quitte pas celui qui est entré sur le chemin de la piété, tout au contraire, ont alors lieu de telles attaques que l'âme semble forcée à pécher, et si ce n'était l'aide de Dieu, le péché serait inévitable.

Verset 134 : "Rachète-moi des calomnies des hommes, et je garderai tes commandements ."
La calomnie oppresse le cœur, affaiblit l'énergie de la piété, ébranle et tente d'éloigner l'être de l'action de l'esprit. Ce n'est pas sans dessein que le Seigneur a fait de la calomnie supportée patiemment un commandement qui mène à la béatitude : "Bienheureux êtes-vous quand les hommes vous calomnient " et la prière du Prophète est ici de ne pas succomber à la calomnie qui est inévitable pour tous, et de ne pas dévier dans la vie des commandements.

Verset 135 : "Fais resplendir ta Face sur ton serviteur, et apprends-moi tes jugements."
Celui qui chemine ainsi, voyant sur lui l'aide et la protection de Dieu, réalise que cette attitude de Dieu envers l'homme est en relation directe avec l'adhésion de l'homme aux commandements de Dieu. La conscience témoigne de cette relation. Le Prophète implore Dieu de le laisser toujours debout devant lui de telle sorte que Dieu baisse les yeux sur lui sans qu'il ait honte de son imperfection. C'est là, bien sûr, une prière pour obtenir la grâce de reconnaître les fautes cachées et de les corriger.

Verset 136 : "Mes yeux ont fait jaillir une source de larmes, parce qu'ils n'ont pas gardé ta loi."
Le Prophète exprime ici son repentir sincère pour tout ce qu'il a fait consciemment, dans sa vie extérieure et intérieure, qui fut désagréable à Dieu, et en opposition à sa volonté exprimée dans les commandements. Et il n'en est pas seulement conscient et désolé, mais il verse des larmes en vérité. Pourtant ces larmes ne viennent pas de la peur, mais de la connaissance que le Seigneur bien- aimé a été offensé.


Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 



mercredi 5 décembre 2018

Psaume 118: Seizième Octave


ע
Aïn. L'œil. La vision. Voir et accomplir la volonté de Dieu.
Le titre de cette octave est Aïn - l'œil. L'œil est la fenêtre de l'âme mais il y a aussi un œil spirituel qui contemple le monde spirituel : c'est l'intellect ou l'esprit qui perçoit Dieu, professe la Providence de Dieu, enseigne l'obéissance à Dieu, a soif de Dieu et voit en Dieu son bonheur suprême : c'est l'état de méditation. Voici des paroles venant exprimer la soif et l'espérance des yeux, du cœur, et de l'intellect envers Dieu, et la dévotion à la volonté de Dieu dans les circonstances variées qui demandent une telle espérance. La base de l'espoir est la dévotion à la volonté de Dieu à travers l'accomplissement de ses Saints commandements. L'impureté de la conscience tue l'espérance qui est renouvelée par la repentance. Celui qui espère, a un œil dirigé vers Dieu attendant sa miséricorde et l'autre sur les commandements afin de ne pas faire obstacle à sa miséricorde.

Verset 121 : "J'ai accompli le droit et la justice, ne me livre pas à ceux qui me nuisent."
Jusqu'au moment où le péché n'est pas commis intentionnellement, il reste une base pour la prière dans le cœur, et l'espérance demeure. Ainsi le Prophète et roi David, aussi longtemps qu'il ne pêchait point, avait un cœur plein d'espérance, et le Seigneur ne l'abandonna pas mais le garda contre ses ennemis.

Verset 122 : "Prends ton serviteur sous ta garde pour son bien, que les orgueilleux cessent de me calomnier."
La calomnie est une des épreuves les plus dures, pourtant Dieu fait que celui qui est calomnié obtient grande récompense pour ces calomnies, et sent que la main de Dieu est sur lui. Un service fervent de Dieu et le témoignage irréprochable de la conscience, confèrent l'audace pour se tourner vers Dieu afin qu'il nous protège.

Verset 123 : "Mes yeux défaillent pour ton salut, et pour les promesses de ta justice."
Le Prophète dirige tout son amour et toute son attention vers Dieu, et attend de lui le salut. Mais il n'en oublie cependant pas "la parole de justice", les commandements de Dieu, et se met à même, de tout son pouvoir, de les accomplir. La foi engendre l'espérance, et l'espérance vient d'un ferme dévouement à la volonté de Dieu, et à la garde de ses commandements. Sans œuvres la foi est morte !

Verset 124 : "Agis avec ton serviteur selon ta miséricorde, et enseigne-moi tes jugements."
Voyant que la garde des commandements est tout, le Prophète supplie Dieu de lui accorder comme une grande grâce, l'enseignement des ses ordonnances, car comment pourrait-on approfondir seul, la sagesse de la loi.

Verset 125 : "Je suis ton serviteur, donne-moi l'intelligence pour que je connaisse tes témoignages."
Un croyant se considère comme serviteur de Dieu, mais il ne sait comment servir Dieu. Une chose est de s'appeler serviteur de Dieu, autre chose est de l'être, et ainsi il sollicite de Dieu le don de reconnaître sa volonté dans toutes les circonstances quelquefois complexes de la vie.

Verset 126 : "C'est pour le Seigneur le temps d'agir ; ils ont rejeté ta loi."
Quelqu'un dédié à la vie pieuse, a du zèle non seulement pour lui-même, mais pour tous les autres croyants; et le fait que les autres rejettent les commandements, le chagrine, et lui inspire de devenir encore plus zélé.
Quelques-uns uns voient ici une prophétie du Roi David à propos du temps de l'Avent du Messie : la fin de la loi est venue, que vienne le sauveur du monde accorder l'absolution des péchés.

Verset 127 : "C'est pourquoi j'ai aimé tes commandements, plus que l'or et la topaze."
Le croyant comprend que la fidélité aux commandements le rapproche de Dieu, l'amène à la filiation en Dieu, et le remplit d'espoir. Dieu a tout et tout vient de lui, ainsi celui qui aime Dieu possède tout alors que, en conscience, la chose de plus grande valeur à ses yeux, est ce qui le rapproche de Dieu.


Verset 128 : "Aussi j'ai été redressé grâce à tous tes commandements ; j'ai haï toute voie d'injustice."
L'amour de Dieu demande du croyant l'amour des commandements, non seulement en pensée, mais en actes, pour cette raison il dirige tous ses actes selon les commandements, et ne regarde pas avec indifférence les voies d'injustices, mais il les déteste de toute son âme. Il n'existe pas de dualité, tout est dirigé vers un but. La grâce conduit l'esprit vers la divine communion, le zèle le fait cheminer sur les chemins de la volonté de Dieu et ses mains entreprennent des œuvres de piété et de bonnes actions résistant à toute violation, aussi minime soit-elle, des commandements de Dieu. 

Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus
Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 

mardi 4 décembre 2018

Psaume 118: Quinzième Octave


ס
Samech. Le soutien. Décisions qui soutiennent une vie pieuse.
La 15ème octave est placée sous le signe de la lettre Samech - le soutien. Nous avons là un entretien sur les dispositions et les décisions de la volonté qui servent de soutien à une vie agréable à Dieu. Le premier de ces soutiens est la décision d'aimer la loi (v. 113) qui est suivie par l'aide de la grâce de Dieu qui est toujours prête à intervenir (v. 114). La ferme détermination et la grâce de Dieu, donnent de la hardiesse, et font un homme fort d'un être chétif (v. 115). La confiance n'est pas basée sur notre propre force, mais sur le secours de la grâce de Dieu (v. 116). Ces étais d'une vie agréable à Dieu, sont soutenus par la prière (v. 117), le souvenir que Dieu n'épargnera les pécheurs endurcis (v. 118), la tristesse de leurs vies (v. 119), et plus particulièrement la crainte de Dieu, et la mémoire du jugement de Dieu. (v. 120)

Verset 113 : "J'ai haï les transgresseurs de tes préceptes, et j'ai aimé ta loi."
La haine du péché croit avec l'amour de la vertu. Non seulement la cessation de la transgression est une correction du caractère, mais aussi une sincère aversion du péché, une rupture de tout consentement au péché.

Verset 114 : "Tu es mon secours et mon soutien, en ta parole j'ai mis toute mon espérance."
Dans l'espérance de l'aide de Dieu, les hommes entrent vraiment dans la voie de la vertu; avec l'espérance, ils y cheminent et n'abandonnent pas cette espérance: ils s'y maintiennent même quand il semble que Dieu ne les écoute pas, ou les a abandonnés.

Verset 115 : "Eloignez-vous de moi, vous qui faites le mal, et je scruterai les commandements de mon Dieu."
Celui qui entre sur le chemin de la vertu sous l'influence de la crainte de Dieu et de sa conscience, se range aux côtés de l'Esprit, il s'emplit de courage, et, hardi, il ose rejeter ceux qui entravent son chemin, qu'il s'agisse de ceux qui font le mal, des coutumes ou des pensées.

Verset 116 : "Secours-moi selon ta parole, et je vivrai ; ne déçois pas mon attente."
L'homme courageux tire son courage de sa confiance en Dieu, vers qui il prie, et à qui il demande aide dans sa prière. Une telle espérance attire la puissance de Dieu. L'ardeur est demandée à l'homme, alors l'aide de Dieu est engagée.

Verset 117 : "Aide-moi et je serai sauvé, et je méditerai sans cesse tes jugements."
L'aide et le salut une fois obtenus, encouragent à faire encore plus confiance à Dieu. L'espérance est affermie par la prière et l'apprentissage des jugements divins. Le courage prend son essor par l'espérance. Aussi longtemps qu'il y a la prière, le désir et la force de se battre et de se maintenir sur les voies de Dieu, sont là aussi.

Verset 118 : "Tu tiens pour rien ceux qui s'éloignent de tes jugements, car injuste est leur pensée."
Quand l'ennemi se fait tentateur, il suggère que le péché n'est rien et que Dieu pardonnera toujours ! Mais le souvenir du Jugement de Dieu montre à quel point ceci est faux. Le Seigneur punit les pécheurs et ceux qui s'éloignent de ses ordonnances, et dans la vie de tout le monde, il y a beaucoup d'exemples de leçons de cette sorte.

Verset 119 : "J'ai regardé comme prévaricateurs tous les pécheurs de la terre, c'est pourquoi j'ai aimé tes témoignages."
Le péché détourne l'être de Dieu, alors il ne peut espérer en Lui ni lui demander quoi que se soit. Les pécheurs, même si ce n'est pas toujours perceptible, sont aveugles de cœur et constamment préoccupés: ils ne voient pas la Providence de Dieu pour eux. Selon l'apôtre, ils cheminent dans la vanité de leur intellect, l'esprit obscurci, aliénés de la vie de Dieu, car l'ignorance est en eux, à cause de la dureté de leur cœur.

Verset 120 : "Cloue ma chair à ta crainte, car j'ai craint à cause de tes préceptes."
Une vie de rédemption commence avec la crainte de Dieu, et plus tard, durant toute la vie, cette crainte est comme un gardien efficace. Le niveau supérieur en nous est spirituel, le niveau inférieur, le mental, est l'animal, la chair. Le Prophète prie pour que le niveau inférieur soit soumis au supérieur, la chair à l'esprit. Restez dans la crainte de Dieu et elle vous enseignera ce qui est bon. Si la crainte de Dieu ne pouvait faiblir, alors le péché ne serait jamais accepté. Là est la science d'une vie sainte. 


Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 

lundi 3 décembre 2018

Psaume 118: Quatorzième Octave


ע
Aïn. L'œil. La vision. Voir et accomplir la volonté de Dieu.
Le titre de cette octave est Aïn - l'œil. L'œil est la fenêtre de l'âme mais il y a aussi un œil spirituel qui contemple le monde spirituel : c'est l'intellect ou l'esprit qui perçoit Dieu, professe la Providence de Dieu, enseigne l'obéissance à Dieu, a soif de Dieu et voit en Dieu son bonheur suprême : c'est l'état de méditation. Voici des paroles venant exprimer la soif et l'espérance des yeux, du cœur, et de l'intellect envers Dieu, et la dévotion à la volonté de Dieu dans les circonstances variées qui demandent une telle espérance. La base de l'espoir est la dévotion à la volonté de Dieu à travers l'accomplissement de ses Saints commandements. L'impureté de la conscience tue l'espérance qui est renouvelée par la repentance. Celui qui espère, a un œil dirigé vers Dieu attendant sa miséricorde et l'autre sur les commandements afin de ne pas faire obstacle à sa miséricorde.

Verset 121 : "J'ai accompli le droit et la justice, ne me livre pas à ceux qui me nuisent."
Jusqu'au moment où le péché n'est pas commis intentionnellement, il reste une base pour la prière dans le cœur, et l'espérance demeure. Ainsi le Prophète et roi David, aussi longtemps qu'il ne pêchait point, avait un cœur plein d'espérance, et le Seigneur ne l'abandonna pas mais le garda contre ses ennemis.

Verset 122 : "Prends ton serviteur sous ta garde pour son bien, que les orgueilleux cessent de me calomnier."
La calomnie est une des épreuves les plus dures, pourtant Dieu fait que celui qui est calomnié obtient grande récompense pour ces calomnies, et sent que la main de Dieu est sur lui. Un service fervent de Dieu et le témoignage irréprochable de la conscience, confèrent l'audace pour se tourner vers Dieu afin qu'il nous protège.

Verset 123 : "Mes yeux défaillent pour ton salut, et pour les promesses de ta justice."
Le Prophète dirige tout son amour et toute son attention vers Dieu, et attend de lui le salut. Mais il n'en oublie cependant pas "la parole de justice", les commandements de Dieu, et se met à même, de tout son pouvoir, de les accomplir. La foi engendre l'espérance, et l'espérance vient d'un ferme dévouement à la volonté de Dieu, et à la garde de ses commandements. Sans œuvres la foi est morte !

Verset 124 : "Agis avec ton serviteur selon ta miséricorde, et enseigne-moi tes jugements."
Voyant que la garde des commandements est tout, le Prophète supplie Dieu de lui accorder comme une grande grâce, l'enseignement des ses ordonnances, car comment pourrait-on approfondir seul, la sagesse de la loi.

Verset 125 : "Je suis ton serviteur, donne-moi l'intelligence pour que je connaisse tes témoignages."
Un croyant se considère comme serviteur de Dieu, mais il ne sait comment servir Dieu. Une chose est de s'appeler serviteur de Dieu, autre chose est de l'être, et ainsi il sollicite de Dieu le don de reconnaître sa volonté dans toutes les circonstances quelquefois complexes de la vie.

Verset 126 : "C'est pour le Seigneur le temps d'agir ; ils ont rejeté ta loi."
Quelqu'un dédié à la vie pieuse, a du zèle non seulement pour lui-même, mais pour tous les autres croyants; et le fait que les autres rejettent les commandements, le chagrine, et lui inspire de devenir encore plus zélé.
Quelques-uns uns voient ici une prophétie du Roi David à propos du temps de l'Avent du Messie : la fin de la loi est venue, que vienne le sauveur du monde accorder l'absolution des péchés.

Verset 127 : "C'est pourquoi j'ai aimé tes commandements, plus que l'or et la topaze."
Le croyant comprend que la fidélité aux commandements le rapproche de Dieu, l'amène à la filiation en Dieu, et le remplit d'espoir. Dieu a tout et tout vient de lui, ainsi celui qui aime Dieu possède tout alors que, en conscience, la chose de plus grande valeur à ses yeux, est ce qui le rapproche de Dieu.

Verset 128 : "Aussi j'ai été redressé grâce à tous tes commandements ; j'ai haï toute voie d'injustice."
L'amour de Dieu demande du croyant l'amour des commandements, non seulement en pensée, mais en actes, pour cette raison il dirige tous ses actes selon les commandements, et ne regarde pas avec indifférence les voies d'injustices, mais il les déteste de toute son âme. Il n'existe pas de dualité, tout est dirigé vers un but. La grâce conduit l'esprit vers la divine communion, le zèle le fait cheminer sur les chemins de la volonté de Dieu et ses mains entreprennent des œuvres de piété et de bonnes actions résistant à toute violation, aussi minime soit-elle, des commandements de Dieu. 

Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 

dimanche 2 décembre 2018

Psaume 118: Treizième octave


ס‬
Samech. Le soutien. Décisions qui soutiennent une vie pieuse.
La 15ème octave est placée sous le signe de la lettre Samech - le soutien. Nous avons là un entretien sur les dispositions et les décisions de la volonté qui servent de soutien à une vie agréable à Dieu. Le premier de ces soutiens est la décision d'aimer la loi (v. 113) qui est suivie par l'aide de la grâce de Dieu qui est toujours prête à intervenir (v. 114). La ferme détermination et la grâce de Dieu, donnent de la hardiesse, et font un homme fort d'un être chétif (v. 115). La confiance n'est pas basée sur notre propre force, mais sur le secours de la grâce de Dieu (v. 116). Ces étais d'une vie agréable à Dieu, sont soutenus par la prière (v. 117), le souvenir que Dieu n'épargnera les pécheurs endurcis (v. 118), la tristesse de leurs vies (v. 119), et plus particulièrement la crainte de Dieu, et la mémoire du jugement de Dieu. (v. 120)

Verset 113 : "J'ai haï les transgresseurs de tes préceptes, et j'ai aimé ta loi."
La haine du péché croit avec l'amour de la vertu. Non seulement la cessation de la transgression est une correction du caractère, mais aussi une sincère aversion du péché, une rupture de tout consentement au péché.

Verset 114 : "Tu es mon secours et mon soutien, en ta parole j'ai mis toute mon espérance."
Dans l'espérance de l'aide de Dieu, les hommes entrent vraiment dans la voie de la vertu; avec l'espérance, ils y cheminent et n'abandonnent pas cette espérance: ils s'y maintiennent même quand il semble que Dieu ne les écoute pas, ou les a abandonnés.

Verset 115 : "Eloignez-vous de moi, vous qui faites le mal, et je scruterai les commandements de mon Dieu."
Celui qui entre sur le chemin de la vertu sous l'influence de la crainte de Dieu et de sa conscience, se range aux côtés de l'Esprit, il s'emplit de courage, et, hardi, il ose rejeter ceux qui entravent son chemin, qu'il s'agisse de ceux qui font le mal, des coutumes ou des pensées.

Verset 116 : "Secours-moi selon ta parole, et je vivrai ; ne déçois pas mon attente."
L'homme courageux tire son courage de sa confiance en Dieu, vers qui il prie, et à qui il demande aide dans sa prière. Une telle espérance attire la puissance de Dieu. L'ardeur est demandée à l'homme, alors l'aide de Dieu est engagée.

Verset 117 : "Aide-moi et je serai sauvé, et je méditerai sans cesse tes jugements."
L'aide et le salut une fois obtenus, encouragent à faire encore plus confiance à Dieu. L'espérance est affermie par la prière et l'apprentissage des jugements divins. Le courage prend son essor par l'espérance. Aussi longtemps qu'il y a la prière, le désir et la force de se battre et de se maintenir sur les voies de Dieu, sont là aussi.

Verset 118 : "Tu tiens pour rien ceux qui s'éloignent de tes jugements, car injuste est leur pensée."
Quand l'ennemi se fait tentateur, il suggère que le péché n'est rien et que Dieu pardonnera toujours ! Mais le souvenir du Jugement de Dieu montre à quel point ceci est faux. Le Seigneur punit les pécheurs et ceux qui s'éloignent de ses ordonnances, et dans la vie de tout le monde, il y a beaucoup d'exemples de leçons de cette sorte.

Verset 119 : "J'ai regardé comme prévaricateurs tous les pécheurs de la terre, c'est pourquoi j'ai aimé tes témoignages."
Le péché détourne l'être de Dieu, alors il ne peut espérer en Lui ni lui demander quoi que se soit. Les pécheurs, même si ce n'est pas toujours perceptible, sont aveugles de cœur et constamment préoccupés: ils ne voient pas la Providence de Dieu pour eux. Selon l'apôtre, ils cheminent dans la vanité de leur intellect, l'esprit obscurci, aliénés de la vie de Dieu, car l'ignorance est en eux, à cause de la dureté de leur cœur.

Verset 120 : "Cloue ma chair à ta crainte, car j'ai craint à cause de tes préceptes."

Une vie de rédemption commence avec la crainte de Dieu, et plus tard, durant toute la vie, cette crainte est comme un gardien efficace. Le niveau supérieur en nous est spirituel, le niveau inférieur, le mental, est l'animal, la chair. Le Prophète prie pour que le niveau inférieur soit soumis au supérieur, la chair à l'esprit. Restez dans la crainte de Dieu et elle vous enseignera ce qui est bon. Si la crainte de Dieu ne pouvait faiblir, alors le péché ne serait jamais accepté. Là est la science d'une vie sainte.
Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 

samedi 1 décembre 2018

Psaume 118: Douzième octave

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Mem. Tache. Comment effacer les défauts spirituels.
La 13ème octave révèle comment les défauts de l'âme sont corrigés : l'aveuglement de l'intellect, la corruption de la volonté, la rudesse du cœur, l'insensibilité. Une vie conforme à la loi, ouvre les yeux de l'intellect qui comprend alors clairement toute chose (v. 97 - 100); elle restaure la rectitude de la volonté, et règle tout ses mouvements (v. 101 - 103) dans le cœur, elle ressuscite les sentiments réprimés envers tout ce qui est saint, et instaure une répulsion pour tout ce qui est mauvais.

Verset 97 : "Comme j'ai aimé ta loi, Seigneur, tout le jour elle est ma méditation."
Tel est le cri de l'âme qui a expérimenté le bienfait d'une vie selon la foi en Dieu. Au commencement faible et manquant de sûreté, la marche sur le chemin de la foi devient plus ferme et plus convaincue qu'il n'y a rien de plus bénéfique que de faire le bien et d'éviter le mal, en se sustentant de la parole de Dieu.

Verset 98 : "Tu m'as rendu plus sage que mes ennemis par ton commandement, car il est avec moi pour l'éternité."
La consécration aux commandements de Dieu a ouvert les yeux de l'intellect et il voit comment les ennemis de notre salut, par les charmes de ce monde, par l'égarement de notre intellect le poussent vers le péché. Il se met alors à leur résister en persistant dans les commandements de Dieu.

Verset 99 : "J'ai eu plus d'intelligence que ceux qui m'enseignent, car tes témoignages sont ma méditation."
Le Prophète a médité plus profondément pour en savoir plus sur la loi que ceux qui la lui ont enseignée. La recherche et l'assiduité, sont une préparation, pourtant la grâce de Dieu, à l'heure de la prière, parfait la compréhension de ce qui a été étudié.

Verset 100 : "J'ai plus d'intelligence que les vieillards, parce que j'ai recherché tes commandements ."
Les Anciens sont respectés pour leur âge, leur connaissance et leurs saintes vies. Le Prophète ayant choisi comme but de sa vie de plaire à Dieu, il a surpassé les Anciens qui n'avaient pas son zèle à accomplir les commandements de Dieu. La recherche de la volonté de Dieu en toute chose que l'on fait, et non seulement dans l'accomplissement des enseignements, apporte la grâce de Dieu et la sagesse véritable.

Verset 101 : "De toute voie mauvaise j'ai détourné mes pas, afin de garder tes paroles."
Ceci concerne la puissance de la volonté. Notre conscience nous suggère toujours d'éviter le péché pourtant nous manquons de force dans notre volonté pour y parvenir. La parole de Dieu est le plus grand stimulus pour le croyant : soyez déterminé à la garder, à maintenir la crainte de Dieu dans votre cœur, le souvenir de la mort et du Jugement Dernier, ils vous empêcheront de vous égarer.

Verset 102 : "Je n'ai pas dévié de tes décrets, parce que tu m'as donné ta loi."
Les décrets de Dieu sont ses décisions concernant la manière de vivre, ils sont les indications précises de sa volonté, de ses commandements. Une fois comprise on ne peut dévier de la volonté de Dieu, ou de toute occasion de faire le bien, en fait une telle occasion est par sa présence même, un ordre direct de Dieu de l'accomplir.

Verset 103 : "Que tes paroles sont douces à mon palais plus que le miel à ma bouche."
La résolution de faire le bien, petit à petit stimule les sens. Là où elle ne trouvait nulle saveur, l'âme commence à ressentir le délice et la douceur. La prière commence à réconforter et les demeures de Dieu sont chéries, la charité apporte la consolation et toute retenue, la joie.

Verset 104 : "Grâce à tes commandements, j'ai eu l'intelligence, c'est pourquoi j'ai détesté toute voie d'injustice."
Aussi longtemps que l'on se complaît dans la recherche des jouissances et dans le plaisir sensuel, la spiritualité est insipide; cependant, quand, après la repentance on abandonne cette recherche des jouissances et l'on décide de cheminer dans les voies de Dieu, alors les jouissances et la sensualité deviennent insipides. A la question : quel est le signe de la purification du cœur ? Saint Basile répondrait : la nhaine du péché. 

Le Psaume 118 
d'après le commentaire de Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty 
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff 
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide [Deseille]) 


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